Playlist du PS Montreuil

Selection de chansons à découvrir ou à redécouvrir...

Abba, Alain Souchon, Alexie Lorca, Bernard Lavilliers, Chanson plus bifloré, Charles Aznavour, Eddy Mitchel, France Gall, Francis Gall, Georges Brassens, Henri Tachan, Jacques Brel, Jacques Dutronc, Jean Ferrat, Joe Dassin, John Lennon, Julien Clerc, Louis Chedid, Maxime Le Forestier, Michel Fugain, Peter Gabriel, Pierre Perret, Pink Floyd, Renaud, Serge Gainsbourg, Serge Reggiani, Sting, Téléphone, Trust, Yannick Noah, Yves Montand, Zebda et d'autres chanteurs moins connus comme cette chanson dollar de 1932 de Gilles et Julien.

BONNE ÉCOUTE...

  • A
  • B
  • C
  • D
  • E - F - G
  • H - I
  • J - K - L
  • M
  • N - O
  • P - Q
  • R - S
  • T
  • U
  • V à Z
+ Adam et Yves - Zazie (2001)

Paroles : Joëlle Kopf  Musique : Zazie "La Zizanie" (2001) 

Ils ont commis le péché original
Ils n'auront pas d'héritiers
Mais quel amour est idéal ?
Qui est normal ?
Ils vont de fêtes en défaites
Glamour toujours
Pourtant la guerre, ils l'ont faite
Pour oser s'aimer au grand jour
S'aimer d'amour

Pour Adam et Yves
Et ceux de l'autre rive
Cette chanson humaine
Loin d'Eden
Ce sont des choses qui arrivent
Pour Adam et Yves
Mon amitié particulière
Pour qu'après les dérives
Après l'enfer
Au paradis ils arrivent
Adam et Yves

Pour ceux qui n'ont pas choisi
Leur différence
Verlaine, Rimbaud mais aussi
Ces amis dont je pleure l'absence
Jean Pierre et Frantz

Et pour Adam et Yves
Et toi sur l'autre rive
Cette chanson humaine
Loin d'Eden
Ce sont des choses qui arrivent
Pour Adam et Yves
Mon amitié particulière
Pour qu'après les dérives
Après l'enfer
Au paradis arrivent
Adam et Yves

 

+ Affiche rouge - Léo Ferré (1961)

Paroles : Louis Aragon Musique: Léo Ferré "Les chansons d'Aragon chantées par Léo Ferré" (1961)
© Barclay

Vous n'avez réclamé ni la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

+ Ah ça ira - Edith Piaf

Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates à la lanterne
Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates on les pendra

V'la trois cents ans qu'ils nous promettent
Qu'on va nous accorder du pain
V'la trois cents ans qu'ils donnent des fêtes
Et qu'ils entretiennent des catins
V'la trois cents ans qu'on nous écrase
Assez de mensonges et de phrases
On ne veut plus mourir de faim

Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates à la lanterne
Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates on les pendra

V'la trois cents ans qu'ils font la guerre
Au son des fifres et des tambours
En nous laissant crever d'misère
Ça n'pouvait pas durer toujours
V'la trois cents ans qu'ils prennent nos hommes
Qu'ils nous traitent comme des bêtes de somme
Ça n'pouvait pas durer toujours

Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates à la lanterne
Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates on les pendra

Le châtiment pour vous s'apprête
Car le peuple reprend ses droits
Vous vous êtes bien payé nos têtes
C'en est fini Messieurs les rois
Il n' faut plus compter sur les nôtres
On va s'offrir maint'nant les vôtres
Car c'est nous qui faisons la loi

Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates à la lanterne
Ah ça ira ça ira ça ira
Les aristocrates on les pendra

 

+ Allah - Véronique Sanson (1988)

Pour l'amour d'un homme
Elle avait quitté l'Oued en automne
Elle était un peu folle
Elle ne craignait ni Dieu ni personne
Tout l'été ils se sont vraiment préparés
Tout l'été ils ont beaucoup voyagé
Elle était là debout
Sous le regard flou de son homme
Et dans sa robe rose
Elle avait mis des choses qui détonnent

Tout le monde dort et pourquoi, pourquoi pas elle?
Tout le monde dort et pourquoi, pourquoi pas elle?

O Allah
A quoi te sert d'avoir un nom?
Pourquoi ce feu ce tonnerre?
Au nom de quoi fais-tu la guerre?
Mais si c'est ça que tu veux
Tout le monde fermera les yeux

Et le camion explose
Elle a donné sa vie pour ta cause
La mort est sur le sable
Te sens-tu mutilé dans ton âme?

Tout le monde dort et pourquoi, pourquoi pas toi?
Tout le monde dort et pourquoi, pourquoi pas toi?

O Allah
A quoi te sert d'avoir un nom?
Pourquoi le feu, la misère?
Si j'étais toi je serais pas fière
Mais si c'est ça que tu veux
Tout le monde fermera les yeux

O Allah
A quoi te sert d'avoir un nom?
Si tu as trois vœux à faire
Choisis-les bien parmi tes pairs
Mais si c'est ça que tu veux
Tout le monde fermera les yeux
A quoi te sert d'avoir un nom?
Pourquoi ce feu ce tonnerre?
Au nom de quoi fais-tu la guerre?
A quoi te sert d'avoir un nom?
C'est pour souiller le désert
Avec le sang versé pour
Allah

Pourquoi le feu et la misère?
Prie pour la fin de la guerre
Délivre-les du mal
Allah

Pourquoi le feu le tonnerre?
Mais c'est de toi qu'on se sert
C'est en ton nom qu'on se bat
Allah

A quoi te sert d'avoir un nom?
Pourquoi la faim la misère?
Si j'étais toi je serais pas fière
Mais c'est de toi qu'on se sert
Délivre-les du mal
Allah

A quoi te sert d'avoir un nom?
Si tu as trois vœux à faire
Choisis-les bien parmi tes pairs
Et c'est de toi qu'on se sert
C'est en ton nom qu'on se bat
Allah
A quoi te sert d'avoir un nom?


+ Africain - Yves Simon

Africain Africain Africain,
Tu marches dans mes rues.
Africain Africain Africain,
Ton cœur est à nu.

Dans les savanes des vingt arrondissements,
Tu marches tu marches dans ce monde blanc.
Aucun regard ne croise ta peau
Tu n'connais plus qu'les femmes des photos.

Africain Africain Africain,
Tu nettoies ma peau.
Africain Africain Africain,
Nettoie mon cerveau.

Les seuls regards qui t'observent à Paris
Sont ceux des flics qui prennent soin de ta vie.
Cartes de séjour, passeports et compagnie,
On est accueillant dans mon pays.

Africain Africain Africain,
La jungle c'est Paris.
Africain Africain Africain,
La jungle c'est Paris.

+ Aigle noir (L') - Barbara (1970)

Paroles et Musique : Barbara (1970)
© Warner Chappell Music France

Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d'un lac je m'étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer,
Près de moi, dans un bruissement d'ailes,
Comme tombé du ciel,
L'oiseau vint se poser,

Il avait les yeux couleur rubis,
Et des plumes couleur de la nuit,
A son front brillant de mille feux,
L'oiseau roi couronné,
Portait un diamant bleu,

De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main il a glissé son cou,
C'est alors que je l'ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m'était revenu,

Dis l'oiseau, ô dis, emmène-moi,
Retournons au pays d'autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Pour cueillir en tremblant,
Des étoiles, des étoiles,

Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Etre faiseur de pluie,
Et faire des merveilles,

L'aigle noir dans un bruissement d'ailes,
Prit son vol pour regagner le ciel,

Quatre plumes couleur de la nuit
Une larme ou peut-être un rubis
J'avais froid, il ne me restait rien
L'oiseau m'avait laissée
Seule avec mon chagrin

Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d'un lac, je m'étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,

Un beau jour, une nuit,
Près d'un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Il surgit, l'aigle noir...

 

+ Anne, ma soeur Anne - Louis Chedid (1985)

Anne, ma sœur Anne,
En écrivant ton journal du fond d' ton placard
Anne, ma sœur Anne
Tu pensais qu'on n'oublierait jamais, mais
Mauvaise mémoire

Elle ressort de sa tanière, la nazi-nostalgie
Croix gammée, bottes à clous, et toute la panoplie
Elle a pignon sur rue, des adeptes, un parti
La voilà revenue, l'historique hystérie

Refrain
Anne, ma sœur Anne
Si j' te disais c' que j'entends
Anne, ma sœur Anne
Les mêmes discours, les mêmes slogans
Les mêmes aboiements

Anne, ma sœur Anne
J'aurais tant voulu te dire, p'tite fille martyre
Anne, ma sœur Anne
Tu peux dormir tranquille, elle reviendra plus
La vermine

Mais beaucoup d'indifférence, de patience malvenue
Pour ces anciens damnés, beaucoup de déjà-vu
Beaucoup trop d'indulgence, trop de bonnes manières
Pour cette nazi-nostalgie qui ressort de sa tanière... comme hier

Refrain
Anne, ma sœur Anne
Si j' te disais c' que j' vois v'nir
Anne, ma sœur Anne
J'arrive pas à y croire, c'est comme un cauchemar
Sale cafard

+ Antisocial - Trust (1980)

Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale,
Tu masques ton visage en lisant ton journal,
Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro,
Les gens ne te touchent pas, il faut faire le premier pas,
Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle,
Impossible d'avancer sans ton gilet pare-balle.
Tu voudrais donner des yeux a la justice
Imposssible de violer cette femme pleine de vices.

Antisocial, tu pers ton sang froid.
Repense a toutes ces annees de service.
Antisocial, bientot les annees de sevices,
Enfin le temps perdu qu'on ne rattrape plus.

Ecraser les gens est devenu ton passe-temps.
En les eclaboussant, tu deviens genant.
Dans ton desespoir, il reste un peu d'espoir
Celui de voir les gens sans fard et moins batards.
Mais cesse de faire le point, serre plutot les poings,
Bouge de ta retraite, ta conduite est trop parfaite
Releve la gueule, je suis la, t'es pas seul
Ceux qui t'enviaient, aujourd'hui te jugeraient.

Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale,
Tu masques ton visage en lisant ton journal,
Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro,
Les gens ne te touchent pas, il faut faire le premier pas,
Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle,
Impossible d'avancer sans ton gilet pare-balle.
Tu voudrais donner des yeux a la justice
Imposssible de violer cette femme pleine de vices.
Antisocial, antisocia, antisocial, antisocial

 

+ Argent (L') - Chanson plus bifluoré (2005)

"Peinture à carreaux" (2005)

L'argent c'est des pépettes des billets des biftons
Des livrets des mandats des sicav' des actions
C'est du fric d'la mitraill' du liquide tous ces ronds
C'est du flouz des dollars des roupies des millions
Y'a qu'le pognon!

C'est la bourse la monnaie compte en banque commission
Des devises des plac'ments fortune et dotations
Plus- value capital honoraires expansion
Intérêts patrimoine numéraire provisions
Y'a qu'le pognon!

Escudos pesetas pécule et picaillons
Des dépots du crédit des plaques et des bâtons
Des espèces des deniers du profit c'est du jonc
Des finances des affaires créances obligations
Y'a qu'le pognon!

J'ai un avenir calamiteux j'suis licencié d'l'A.N.P.E
J'ai les huissiers sur le palier des tonnes de factures impayées
J'suis endetté j'ai plus d'argent pour le loyer
J'ai plus d'famille j'ai que l'suicide même pas au gaz on m'l'a coupé

De l'oseille des recettes des avoirs et des fonds
La galette la cagnotte de la braise des jetons
Des escomptes des produits des avances des coupons
C'est des sous des écus des gains des transactions
Y'a qu'le pognon!

Des transferts des emprunts plan d'épargne subventions
Des revenus des réserves c'est du pèze et des ronds
Portefeuille p'tites coupures virements spéculation
C'est la caisse le trésor le marché les options
Y'a qu'le pognon!

J'ai un avenir calamiteux ......

Livre sterling bolivars lingots Napoléons
Bénéfices dividende règlement souscription
Valeur investissement richesse augmentation
Résultats excédent salaire brut cotation
Y'a qu'le pognon!

C'est des pièces des schillings des dinars des doublons
Le magot la tirelire des milliards des billions
L'CAC 40 le Dow Jones les rémunérations
Des indices et des rentes et des fonds de pension
Y'a qu'le pognon!

J'ai un avenir calamiteux .....

 

+ Assassin assassiné (L')- Julien Clerc (1981)

Paroles : Jean-Loup Dabadie. Musique : Julien Clerc   1980
© Éditions Crécelles et Éditions Sidonie

C'était un jour à la maison
Je voulais faire une chanson
D'amour peut-être
À côté de la fenêtre
Quelqu'un que j'aime et qui m'aimait
Lisait un livre de Giono
Et moi penché sur mon piano
Comm' sur un établi magique
J'essayais d'ajuster les mots
À ma musique...

Le matin même, à la Santé
Un homme... un homme avait été
Exécuté...
Et nous étions si tranquilles
Là, au cœur battant de la ville
C'était un' fin d'après-midi
À l'heure où les ombres fidèles
Sortant peu à peu de chez elles
Composent doucement la nuit
Comm' aujourd'hui...

Ils sont venus à pas de loup
Ils lui ont dit d'un ton doux
C'est le jour... C'est l'heure
Ils les a regardés sans couleur
Il était à móitié nu
Voulez-vous écrire une lettre
Il a dit oui... il n'a pas pu
Il a pris une cigarette...

Sur mon travail tombait le soir
Mais les mots restaient dans le noir
Qu'on me pardonne
Mais on ne peut certains jours
Écrire des chansons d'amour
Alors j'ai fermé mon piano
Parol's et musiqu' de personne
Et j'ai pensé à ce salaud
Au sang lavé sur le pavé
Par ses bourreaux
Je ne suis président de rien
Moi je ne suis qu'un musicien
Je le sais bien...
Et je ne prends pas de pose
Pour dir' seulement cette chose
Messieurs les assassins commencent
Oui, mais la Société recommence
Le sang d'un condamné à mort
C'est du sang d'homme, c'en est encore
C'en est encore...

Chacun son tour, ça n'est pas drôle
On lui donn' deux trois paroles
Et un peu... d'alcool...
On lui parle, on l'attache, on le cache
Dans la cour un grand dais noir
Protège sa mort des regards
Et puis ensuite... ça va très vite
Le temps que l'on vous décapite

Si je demande qu'on me permette
À la place d'une chanson
D'amour peut-être
De vous chanter un silence
C'est que ce souvenir me hante
Lorsque le couteau est tombé
Le crime a changé de côté
Ci-gît ce soir dans ma mémoire
Un assassin assassiné
Assassiné...

+ Assedic - Les Escrocs (1994)

J'en avais marre de travailler
Et de perdre mon temps
A faire des boulots mal payés
Avec des gens très emmerdants
Je cherchais la combine
Et c'est pas facile
De se tirer de l'usine
Pour partir dans les îles.
Je me creusais le ciboulot.
J'étais comme tous les gens
Allergique au boulot
Mais pas allergique à l'argent.
Je ne connais qu'une façon
De se tirer sous les tropiques
Quand on est petit, laid
Et qu'on n'a pas de fric.

ASSEDIC
Je t'écrirai de temps en temps
Toi tu m'enverras mon virement
Directement
Tout là-bas, dans mon île
ASSEDIC
Avec ton amie RMI
Vous serez mes deux meilleurs amies
Ce sera dément.

L'Agence Nationale Pour l'Emploi
M'écrit de France.
Ils veulent à peine au bout d'un mois
Me gâcher mes jolies vacances
En m'envoyant chez "Prisunic"
Décharger des camions.
Avec ma copine ASSEDIC
Evidemment on a dit non
Je veux que ça dure toute la vie
Que chaque jour soit férié.
Un jour, je recevrai l'avis
De fin de droit dans mon courrier
Mais faudra me payer cher
Pour retourner au carnaval
Du R.E.R
Et du Leclerc de Bougival

ASSEDIC
Je t'écrirai de temps en temps
Toi tu m'enverras mon virement
Directement
Tout là-bas, dans mon île
ASSEDIC
Enfin ma place au soleil
A moi les ciels vermeils
Et les beaux voyages
M'en priver ce serait dommage.
ASSEDIC
Tu seras ma petite maman
La maman de tous les gens
Qui n'ont pas d'argent.

+ Asimbonanga - Johnny Clegg & Savuka (1987)

Paroles et musiqus : Johnny Clegg "Third  world child" (1987)

Asimbonanga (Mandela) (Nous ne l'avons pas vu (Mandela)
 
Chorus Refrain (x2)
Asimbonanga   
Nous ne l'avons pas vu
Asimbonang' uMandela thina   
Nous n'avons pas vu Mandela
Laph'ekhona   
A l'endroit où il est
Laph'ehleli khona   
A l'endroit où on le retient prisonnier
 
Oh the sea is cold and the sky is grey   
Oh, la mer est froide et le ciel est gris
Look across the Island into the Bay   
Regarde de l'autre coté de l'Ile dans la baie
We are all islands till comes the day   
Nous sommes tous des îles jusqu'à ce qu'arrive le jour
We cross the burning water   
Où nous traversons la mer de flammes
 
Chorus Refrain (x2)
 
A seagull wings across the sea   
Un goéland s'envole de l'autre coté de la mer
Broken silence is what I dream   
Je rêve que se taise le silence
Who has the words to close the distance   
Qui a les mots pour faire tomber la distance
Between you and me   
Entre toi et moi ?
 
Chorus Refrain (x2)
 
Steve Biko, Victoria Mxenge, Neil Aggett   
Steve Biko, Victoria Mxenge, Neil Aggett
 
Asimbonanga   
Nous ne l'avons pas vu(e)
Asimbonang 'umfowethu thina (Asimbonang 'umtathiwethu thina)   
Nous n'avons pas vu notre frère (Nous n'avons pas vu notre sœur)
Laph'ekhona   
A l'endroit où il (elle) est
Laph'wafela khona   
A l'endroit où il (elle) est mort(e)
 
Hey wena, hey wena    Hé, toi ! Hé toi !
Hey wena nawe    Hé toi, et toi aussi !
Siyofika nini la' siyakhona   
Quand arriverons-nous à destination ?
 
Chorus Refrain (x4)
 
Asimbonanga est un hymne à la libération de Nelson Mandela, figure emblématique Sud Africain de la lutte anti-apartheid, prisonnier politique de 1964 à 1990, soit 26 ans !
 
Steve Bantu Biko (1946-1977), philosophe noir, une figure et un martyr de la lutte contre l'apartheid, mort après 2 semaines de détention, sans procès.
 
Victoria Mxenge (1942-1985), avocate noire symbole de la lutte contre l'apartheid également arrêtée et assassinée avant le procès en 1985.
 
Neil Aggett, médecin et syndicaliste blanc figure de la lutte anti-apartheid lui aussi, torturé et assassiné en prison en 1982.

 

+ Aventures extraordinaire d'un billet de banque (L') - Bernard Lavilliers (1975)

J’ai débuté ma carrière
Dans un holdup audacieux
Y avait d'la cervelle par terre
Les flics étaient très nerveux
Continué dans un boxon
Dans le slip d'une souris
Puis passé dans le ceinturon d'un marchand de paradis
Qui s'fit dézinguer plus tard
Mais ça c'est une autre histoire
C'était un tueur a gages
Qu'arrondissait ces fins de mois
C'est pas qu'dans ce boulot là
On soit souvent au chômage
Surtout que par les temps qui courent
La liberté et l'amour
Travaillent pour la République
Comité d'action civique
Je me suis multiplié
Chez un type assez bizarre
Qui travaillait tard le soir
A la plume et au pochoir
Voyagé dans des mallettes
Dans des fourgons des tablettes
Dans des jean's et de la soie
En Jaguar et en Matra
J'suis même passé dans vos poches
Grippés par vos doigts crochus
Doigts crochus
J'étais même au Pmu
Au parti et à Minute
Avant de faire la culbute
Dans les poches de Lavilliers
Oui mais ça n'a pas duré
J'ai dormi chez des prélats
Entre deux doigts d'Arnica
Trois bons mots une caresse
Au vicaire et sur les fesses
Je suis le pouvoir d'achat
Je suis celui qui décomplexe
Je suis le dernier réflexe
Qu'on n'est pas prêt d'oublier
Essayez d' me supprimer
Dans un coin sur la planète
Y'en a qui f'raient une drôle de tête
Y'en a même qui en sont mort
Allende dans le décor
Je suis passé sous des tables
J'ai glissé sur des tapis
Dans des poches confortables
J'ai pris un peu de répit
Dans les mains d'un mercenaire
Puis dans la révolution
J'ai participé mon frère

A des tas d'combinaisons
Si tu savais c'que je sais
Dans quelles mains je suis passé
Tu n't'en ferais pas beaucoup
Pour ta p'tite éternité
J'ai voulu me racheter
Mais voila j'étais trop cher
Depuis que les financiers
Mettent mes vertus aux enchères
Depuis que les poètes maudits
Comptent leurs économies
J'suis une pute aux nerfs d'acier
Je sais tout mais j'dirais rien
C'est peut être préférable
Pour l'idéal républicain
J'aimerais crever tu sais
J'aimerais qu'on m'foute la paix


+ Aux arbres citoyens - Yannick Noah (2006)

Le ciment dans les plaines
Coule jusqu'aux montagnes
Poison dans les fontaines,
Dans nos campagnes

De cyclones en rafales
Notre histoire prend l'eau
Reste notre idéal
"Faire les beaux"

S'acheter de l'air en barre
Remplir la balance :
Quelques pétrodollars
Contre l'existence

De l'équateur aux pôles,
Ce poids sur nos épaulees
De squatters éphémers...
Maintenant c'est plus drôle

Puisqu'il faut changer les choses
Aux arbres citoyens !
Il est grand temps qu'on propose
Un monde pour demain !

Aux arbres citoyens
Quelques baffes à prendre
La veille est pour demain
Des baffes à rendre

Faire tenir debour
Une armée de roseaux
Plus personne à genoux
Fait passer le mot

C'est vrai la terre est ronde
Mais qui viendra nous dire
Qu'elle l'est pour tout le monde...
Et les autres à venir...

Puisqu'il faut changer les choses
Aux arbres citoyens !
Il est grand temps qu'on propose
Un monde pour demain !

Puisqu'il faut changer les choses
Aux arbres citoyens !
Il est grand temps qu'on s'oppose
Un monde pour demain !

Plus le temps de savoir à qui la faute
De compter la chance ou les autres
Maintenant on se bat
Avec toi moi j'y crois

Puisqu'il faut changer les choses
Aux arbres citoyens !
Il est grand temps qu'on propose
Un monde pour demain !

+ Aux armes et caetera - Serge Gaisbourg (1979)

Paroles et Musique : Serge Gainsbourg (1979)

Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé

Aux armes et cætera

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils, nos compagnes

Aux armes et cætera

Amour sacré de la patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté liberté chérie
Combats avec tes défenseurs

Aux armes et cætera

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus

Aux armes et cætera

 

+ Aux enfants de la chance - Serge Gainsbourg (1987)

Aux enfants de la chance
Qui n'ont jamais connu les transes
Des shoots et du shit
Je dirai en substance
Ceci

Touchez pas à la poussière d'ange
Angel dust en
Shoot ou en shit
Zéro héro à l'infini

Je dis dites-leur et dis-leur
De casser la gueule aux dealers
Qui dans l'ombre attendent leur
Heure
L'hor
Reur
D'min
Nuit

Aux enfants de la chance
Qui n'ont jamais connu les transes
Des shoots et du shit
Je dirai en substance
Ceci

Ne commettez pas d'imprudences
Surtout n'ayez pas l'imprudence
De vous faire foutre en l'air avant l'heure dite
Comme Samantha
Edith
Et dites

Je dis dites-leur et dis-leur
De casser la gueule aux dealers
Qui dans l'ombre attendent leur
Heure
L'hor
Reur
D'min
Nuit

Aux enfants de la chance
Qui n'ont jamais connu les transes
Des shoots et du shit
Je dirai en substance
Ceci

N'approchez pas le magic mushroom
N'essayez surtout pas le free base
Car c'est lui qui vous baise
C'est celui qui vous baise
A l'aise

Je dis dites-leur et dis-leur
De casser la gueule aux dealers
Qui dans l'ombre attendent leur
Heure
L'hor
Reur
D'min
Nuit

Aux enfants de la chance
Qui n'ont jamais connu les transes
Des shoots et du shit
Je dirai en substance
Ceci

Touchez pas au dragon chasing
Chasse au dragon
Qui se prend en shoot ou en shit
Zéro héro à l'infini

Je dis dites-leur et dis-leur
De casser la gueule aux dealers
Qui dans l'ombre attendent leur
Heure
L'hor
Reur
D'min
Nuit

 

+ Aziza (L') - Daniel Ballavoine (1985)

Paroles et Musique : Daniel Balavoine "Sauver l'amour" (1985)
© Warner Chappell Music France

Petite rue de Casbah
Au milieu de Casa
Petite brune enroulée d'un drap
Court autour de moi
Ses yeux remplis de "pourquoi ?"
Cherchent une réponse en moi
Elle veut vraiment que rien ne soit sûr
Dans tout ce qu'elle croit

Refrain :
Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi
Si tu crois que ta vie est là
Ce n'est pas un problème pour moi
L'Aziza
Je te veux si tu veux de moi

Et quand tu marches le soir
Ne tremble pas
Laisse glisser les mauvais regards
Qui pèsent sur toi
L'aziza ton étoile jaune c'est ta peau
Tu n'as pas le choix
Ne la porte pas comme on porte un fardeau
Ta force c'est ton droit

Refrain x2

L'Aziza
Si tu crois que ta vie est là
Il n'y a pas de loi contre ça
L'Aziza
Fille enfant du prophète roi

Refrain

 

+ Banlieue Rouge - Renaud (1981)

Elle crèche cité Lénine
Une banlieue ordinaire
Deux pièces et la cuisine
Canapé, frigidaire
Préfèrerait habiter
Cité Mireille Mathieu
Au moins elle sait qui c'est
Pis c'est vrai qu'ça f'rait mieux
Sur les cartes de visite
Qu'elle utilise jamais
Ça mettrait du ciel bleu
Sur les quittances de gaz
L'en parlera au syndic
Si elle a une occase

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Pour elle la banlieue c'est toujours gris
Comme un mur d'usine, comme un graffiti

Elle a cinquante-cinq ans
Quatre gosses qu'ont mis les bouts
Plus d'mari, pas d'amant
Et pis quoi des bijoux ?
Y a bien qu'son poisson rouge
Qui lui cause pas d'soucis
Encore que y a des nuits
Quand elle l'entend qui bouge
Elle s'lève pour aller l'voir
Des fois qu'y s'rait parti
Après c'est toute une histoire
Pour s'rendormir ouallou !
Elle essaie Guy Des Cars
Mais elle comprend pas tout

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Pour elle la banlieue c'est toujours la zone
Même si au fond d'ses yeux, y a un peu d'sable jaune

Elle travaille tous les jours
Elle a un super boulot
Sur l'parking de Carrefour
Elle ramasse les chariots
Le week-end c'est l'enfer
Quand tous ces parigots
Viennent remplir l'coffre arrière
D'leur 504 Peugeot
De quinze tonnes de lessive
De monceaux de bidoche
En cas d'guerre, en cas d'crise
Ou d'victoire de la gauche
Ce spectacle l'éc?ure
Alors elle pense à ces gars
Qui sont dev'nus voleurs
Elle comprend mieux pourquoi

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Y a qu'le bleu des mobs qui l'emmène en vacances
Ses histoires d'amour, elle les vit dans Confidence

Elle a bien ses p'tites joies
A défaut du bonheur
Quand elle nourrit ses chats
Quand elle parle à ses fleurs
Chaque semaine au loto
Elle mise dix ou vingt balles
Elle joue son numéro
D'sécurité sociale
C'est pas dur, c'est pas cher
Mais ça rapporte que dalle
Pis elle écoute la radio
Surtout Michel Drucker
Parc'qu'elle le trouve très beau
Et pas du tout vulgaire

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Entre l'chien en plâtre sur la télévision
Et les castagnettes sur le mur du salon

Chez elle c'est du lino
Mais faut mettre les patins
Dehors c't'assez crado
Faut qu'dedans ça soit bien
Ça pue la pisse de chat
Mais ça on n'y peut rien
Quand t'aimes les animaux
Tu t'arrêtes pas à ça
Elle, elle dit qu'en tout cas
Elle aime pas les humains
Pourtant elle a mis l'bon dieu
Juste au-dessus d'son paddok
Elle y croit, si tu veux
Mais c'est pas réciproque

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Pour elle la banlieue c'est toujours gris
Comme un mur d'école comme un graffiti

 

+ Bella ciao - Chant révolutionnaire italien - Oltrepo Pavese - Mano negra

Bella Ciao
 
Una matina, mi sono svegliato   
O bella ciao (x3)   
Ciao, ciao    

Una matina, mi sono svegliato   
Ed ho trovato l'invasore.   
O ! Partigiano portami via   
O bella ciao (x3)
Ciao, ciao        

O ! Partigiano portami via   
Che mi sento di morir'.   
E se io muoio, da partigiano   
O bella ciao (x3)   
Ciao, ciao    

E se io muoio, da partigiano   
Tu mi devi seppellir'.   
Mi seppellirai lassu in montagna   
O bella ciao (x3)   
Ciao, ciao    

Mi seppellirai lassu in montagna    Sotto l'ombra di un bel' fior'.   
E le genti, che passeranno   
O bella ciao (x3)   
Ciao, ciao   
 
E le genti, che passeranno   
E diranno 'Oh che bel fior'. 
E questo è il fiore Del partigiano   
O bella ciao (x3)
Ciao, ciao

E questo è il fiore Del partigiano     
Morto per la libertà.   

 

(Ma Belle Au Revoir)

Un matin, je me suis réveillé
Ô ma belle au revoir (x3)
Au revoir, au revoir

Un matin, je me suis réveillé
Et l'envahisseur était là.
Ô ! Partisan emportes-moi
Ô ma belle au revoir (x3)
Au revoir, au revoir

Ô ! Partisan emportes-moi
Je me sens prêt à mourir.
Et si je meurs, de partisan
Ô ma belle au revoir (x3)
Au revoir, au revoir

Et si je meurs, de partisan
Tu devras m'enterrer.
Tu devras m'enterrer là-haut sur la montagne
Ô ma belle au revoir (x3)
Au revoir, au revoir

Tu devras m'enterrer la haut sur la montagne
A l'ombre d'une belle fleur.
Et les gens, ils passeront
Ô ma belle au revoir (x3)
Au revoir, au revoir

Et les gens, ils passeront
Et diront 'Oh quelle belle fleur'.
Cette fleur est la fleur du partisan    Ô ma belle au revoir (x3)   
 Au revoir, au revoir
 
Cette fleur est la fleur du partisan
Mort pour la liberté.

 

+ Berceuse pour un petit loupiot - Jean Ferrat (1976)

Mon marmouset, mon nouveau-né,
Tu mériterais qu'on te gronde
Tu brailles comme un forcené
T'as pas l'air content d'être au monde
T'as le minois tout chiffonné
Pourtant, tu devrais rire aux anges
Avec ton lange enfariné
Pour engraisser monsieur Morhange

{Refrain:}
Fais dodo, Colas mon petit frère
Fais dodo, mon petit loupiot

Si tu savais combien qu' c'est doux
De vivre et pis comment qu' c'est rose
Tu boirais ton biberon d'un coup
Pour engraisser monsieur Guigoz
Car si tu bois bien ton lolo
Si tu veux la mettre en sourdine
On te paiera bientôt des petits pots
Pour engraisser monsieur Blédine

{au Refrain}

On fera ton éducation
Ça m'étonnerait pas qu'on t'achète
Les mémoires du roi des cons
Pour engraisser monsieur Hachette
T'auras pas le phylloxéra
Grâce aux vaccins systématiques
Pour engraisser des scélérats
De l'industrie pharmaceutique

{au Refrain}

T'auras plus tard ta limousine
Pour engraisser monsieur Peugeot
Alors t'achèteras d' la benzine
Pour engraisser monsieur Esso
T'auras ton coin de serpolet
On t'y permettra les culbutes
Avec ta tente et ton duvet
Pour engraisser monsieur La Hutte

{au Refrain}

T'auras beau crier "Les fachos
Et les canons, c'est dégueulasse !"
Un jour, c'est pas du gibier d'eau
Qu'on te dira de prendre en chasse
Tu f'ras la guerre à ceux d'en face
Vous vous offrirez des pruneaux
Pour engraisser monsieur Douglas
Pour engraisser monsieur Dassault

{au Refrain}

 

+ Bête est revenue (La)- Pierre Perret (1998)

Sait-on pourquoi, un matin,
Cette bête s'est réveillée
Au milieu de pantins
Qu'elle a tous émerveillés
En proclamant partout, haut et fort :
"Nous mettrons l'étranger dehors"
Puis cette ogresse aguicheuse
Fit des clones imitatifs.
Leurs tirades insidieuses
Convainquirent les naïfs
Qu'en suivant leurs dictats xénophobes,
On chasserait tous les microbes.

Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

D'où cette bête a surgi,
Le ventre est encore fécond.
Bertold Brecht nous l'a dit.
Il connaissait la chanson.
Celle-là même qu'Hitler a tant aimée,
C'est la valse des croix gammées
Car, pour gagner quelques voix
Des nostalgiques de Pétain,
C'est les juifs, encore une fois,
Que ces dangereux aryens
Brandiront comme un épouvantail
Dans tous leurs sinistres éventails.

Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

N'écoutez plus, braves gens,
Ce fléau du genre humain,
L'aboiement écœurant
De cette bête à chagrin
Instillant par ces chants de sirène
La xénophobie et la haine.
Laissons le soin aux lessives
De laver plus blanc que blanc.
Les couleurs enjolivent
L'univers si différent.
Refusons d'entrer dans cette ronde
Qui promet le meilleur des mondes.

Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Dont les cent mille bouches crachent le malheur.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
Car, vois-tu, petit, je l'ai vue,
La bête. La bête est revenue.

+ Bidon de Gasoil - Louis Chedid (2005)

L'enfer, l'enfer, cet effet de serre
Qui bon an mal an
Réchauffe un peu plus l'atmosphère.
Arrière-petits-enfants
Chaud, chaud devant.
Vous pourrez tomber la veste
Même à la Saint-Sylvestre.
Histoire d'arroseur arrosé
Qui nous fait de moins en moins rigoler.
Car dans l'arrosoir
C'est la marée noire
Le cadeau empoisonné.

Bidon de gas-oil, bidon de gas-oil
Diesel ou sans plomb
Indice d'octane.
Dans les pharmacies
Ampoules, gélules
Homéopathie
Pour bronchites et rhumes.
Bidon de gas-oil, bidon de gas-oil.

Les puits, les derricks
L'Arabie, c'est où, dites ?
Compter les pétrodollars
Raffiner l'or noir.
Pétrole, mazout
Roulent sur les routes
Coulent dans les pipe-lines
Jusqu'à nos capitales.
Quadrature du cercle vicieux
Histoire du serpent qui se mord la queue.
Dans dix ans à peine
Tout l'monde se promène
Avec le masque à oxygène.

Bidon de gas-oil, bidon de gas-oil
Diesel ou sans plomb
Chauffage central.
Sur les vêtements
Les fruits, les légumes.
Tuyaux d'échappement
Cheminées qui fument.
Plus on en consomme
Plus ça nous consume.
A croire que les hommes
C'est bien plus con qu'la lune

 

+ Bien mérité - Clarika (2009)

La petite carte en plastique que l’état m’a donnée,
Ah ouais, je l’ai bien méritée
Naitre en république dans une clinique chauffée
Ah ouais je l’ai bien méritée
Les bancs de mon école, le pouvoir d’étudier
Ah ouais je l’ai bien méritée
Aller voir mon docteur quand j”me sens fatiguée
Ah ouais je l’ai bien méritée
La douceur de l’enfance, l’amour qu’on m’a donnée
Bah ouais c’est vrai j’y avais pas pensé
Bah oui, pardi, on me l’a toujours dit
Bon sang, c’est sur, c’est la loi de la nature
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France
Et tans pis pour ta gueule si t’es né sous les bombes
Bah ouais tu l’as bien mérité
T’avais qu’à tomber du bon côté de la map monde
Bah ouais tu l’as bien mérité
Si la terre est aride y’a qu’à trouver d’la flotte
Bah ouais
Un peu de nerf mon gars pour la remplir ta hotte,
Bah ouais
On prend pas un bateau si on n’sait pas nager
Bah non
On n’a que ce qu’on mérite, alors t’as mérité
Bah ouais c’est vrai j’y avais pas pensé
Bah oui, pardi, on me l’a toujours dit
Bon sang, c’est sur, c’est la loi de la nature
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France
Bah ouais j’y avais pas pensé
Bah tiens donnons nous les moyens
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France

 

+ Biko - Peter Gabriel (1980)

Paroles et Musique : Peter Gabriel (1980)
 
September '77   
Septembre 77
Port Elizabeth weather fine   
Le temps est beau à Port Elizabeth
It was business as usual   
C'était les affaires comme d'habitude
In police room 619   
Dans la cellule 619
Oh Biko, Biko, because Biko   
Oh, Biko, Biko, parce que Biko
Oh Biko, Biko, because Biko   
Oh, Biko, Biko, parce que Biko
Yihla Moja, Yihla Moja   
Yihla Moja, Yihla Moja
The man is dead
Cet homme est mort
 
When I try and sleep at night   
Quand j'essaie de dormir et quand je dors la nuit
I can only dream in red   
Je peux seulement rêver en rouge
The outside world is black and white   
Le monde extérieur est en noir et blanc
With only one colour dead   
Et seule une couleur est morte
Oh Biko, Biko, because Biko   
Oh, Biko, Biko, parce que Biko
Oh Biko, Biko, because Biko   
Oh, Biko, Biko, parce que Biko
Yihla Moja, Yihla Moja   
The man is dead
Cet homme est mort
 
You can blow out a candle   
Tu peux éteindre une bougie
But you can't blow out a fire   
Mais tu ne peux pas éteindre un incendie
Once the flames begin to catch   
Une fois que les flammes commencent à prendre
The wind will blow it higher   
Le vent les portent très haut
Oh Biko, Biko, because Biko   
Oh, Biko, Biko, parce que Biko
Yihla Moja, Yihla Moja
The man is dead
Cet homme est mort
 
And the eyes of the world are   
Et les yeux du monde entier
Watching now   
Sont ouverts désormais
Watching now   

Sont ouvert désormais
 
*Stephen Biko qui comme Mandela a lutté contre l'apartheid et est mort assassiné en prison.

 

+ Bilan (Le) - Jean Ferrat (1980)

Paroles et Musique : Jean Ferrat (1980)

Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en œuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Mais quand j’entends parler de "bilan" positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

+ Bombe humaine (La) - Téléphone (1980)

Je veux vous parler
de l'arme de demain
Enfantée du monde
elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi,
de vous
Je vois a l'intérieur
Des images, des couleurs
Qui ne sont pas a moi
qui parfois me font peur
Sensations qui peuvent
me rendre fou
Nos sens sont nos fils
nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin
qui mène droit a nos têtes

La bombe humaine
tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
Juste a cote du coeur
La bombe humaine
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
prendre en main ton destin
C'est la fin, la fin

Mon père ne dort plus
sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus
sans ses excitants
Quelqu'un leur vend
de quoi tenir le coup
Je suis un électron
bombarde de protons
Le rythme de la ville
C'est ça mon vrai patron
Je suis charge d'électricité
Si par malheur au coeur
de l'accélérateur
J'rencontre une particule
qui m'mette de sale humeur
Oh, faudrait pas que
j'me laisse aller
Faudrait pas que
j'me laisse aller, non

La bombe humaine,
tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
juste a cote du coeur
La bombe humaine,
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
prendre en main ton destin
C'est la fin

Bombe humaine
c'est l'arme de demain
Bombe humaine
tu la tiens dans ta main
Bombe humaine
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisse quelqu'un
prendre ce qui te tient
C'est la
fin

 

+ Bosser huit heures - Trust (1979)

Ouvre grand tes yeux autour de toi
Le syndicat se moque de toi
Regarde Séguy rempli de vinasse
Il ne t'arrive pas à la godasse
Les autres eux ne sont pas sérieux
C'est à celui qui te baisera le mieux
Le patronat je t'en parle même pas
Il n'est bon que pour les coups bas

[Refrain] :
T'as bien raison de bosser huit heures
Ton salaire c'est le salaire de la sueur
T'as bien raison de bosser huit heures
Ton salaire c'est le salaire de la peur

Quant aux manifs t'as bien raison
Là ils te font passer pour un con
T'ouvres ta grande gueule de prolétaire
Prends donc la peine de regarder derrière
Ce syndicat qui défend ton fric
Tu verras tout n'est que politique
Fais plus la gueule sous les coups de trique
Tu n'est qu'un pion dans ce régime de flics

[Refrain]

Un jour viendra où tu repenseras
Ils m'ont bien eu ces enfoirés
Moi je vois mon vieux ils l'ont roulé
Pour eux ce n'est qu'un futur retraité
Il est revenu le temps des frimeurs
Maire et Séguy chantent en cœur
L'institution n'a plus de valeur
Pratique l'inceste avec ta sœur

[Refrain]

 

+ Bourgeois (Les) - Jacques Brel (1961)

Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait boire nos vingt ans
Jojo se prenait pour Voltaire
Et Pierre pour Casanova
Et moi, moi qui étais le plus fier
Moi, moi, je me prenais pour moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant :

Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient bête
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient...

Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait brûler nos vingt ans
Voltaire dansait comme un vicaire
Et Casanova n'osait pas
Et moi, moi qui restais le plus fier
Moi j'étais presque aussi saoul que moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant :

Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient bête
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient...

Le cœur au repos
Les yeux bien sur Terre
Au bar de l'hôtel des "Trois Faisans"
Avec maître Jojo
Et avec maître Pierre
Entre notaires on passe le temps
Jojo parle de Voltaire
Et Pierre de Casanova
Et moi, moi qui suis resté l'plus fier
Moi, moi je parle encore de moi
Et c'est en sortant vers minuit, Monsieur le Commissaire
Que tous les soirs, de chez la Montalant
De jeunes peigne-culs nous montrent leur derrière
En nous chantant :

Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient bête
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient...

 

+ Bourreaux, victimes et spectateurs - Louis Chedid (2005)

Approchez, approchez,
Approchez, Messieurs-Dames,
Je vais vous raconter l'histoire
Du pouvoir et de l'argent sale.
Côté jardin, propre sur lui,
Bon père, bon fils et bon mari.
Mais sous le costume de chez Dior,
Se cache un boa constrictor.
Qui, de son téléphone sans fil,
Vous fomente une guerre civile.
Marchand d'armes, syndicat du crime,
Tapi au fond d'une limousine.
Assassin aux couilles en or,
Providence du croque-mort

Ainsi va le monde, Messieurs-Dames.
Voilà, voilà, comment il tourne.
Du sang, de la boue et des larmes.
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Bourreaux, victimes et spectateurs.

Côté cour, voici la victime,
Celui qu'on envoie au casse-pipe,
Tester les nouveaux prototypes,
Famille, Patrie, hip, hip, hip !
Ceux qui marchent pas dans la combine,
Suicidés de dix coups de couteau.
Grains de sable dans la grosse machine.
Les Gandhi, Martin Luther King.
Vous connaissez le vieux dicton :
"Toujours les meilleurs qui s'en vont !"

Ainsi va le monde, Messieurs-Dames.
Voilà, voilà comment il tourne,
Du sang, de la boue et des larmes.
Argent, pouvoir, paquet d'embrouilles.
L'animal tue pour se nourrir.
L'homme, lui, c'est pour s'enrichir.
Le son, l'image et la couleur,
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Bourreaux, victimes !

Fauteuils d'orchestre, balcon, parterre,
Restent ceux qui passent au travers.
Pour qui ça n'arrive qu'aux autres :
J'y suis pour rien, c'est pas d'ma faute !
Entre impudeur et compassion,
Haut-le-cœur et fascination.
Ils regardent d'une oreille distraite
Manipulateurs, marionnettes.
Qu'est-ce que je peux faire ?
J'sais pas quoi faire.
Vivement la page publicitaire :

Ainsi va le monde, Messieurs-Dames.
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Voilà, voilà, comment il tourne,
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Du sang, de la boue et des larmes.
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Argent, pouvoir, paquet d'embrouilles.
Bourreaux, victimes et spectateurs.
Ainsi va le Monde ...

 

+ Bravo Monsieur le monde - Michel Fugain (1973)

Paroles : Pierre Delanoë – Musique : Michel Fugain   (1973)
© Le Minotaure/Universal Music

Bravo, Monsieur le monde
Chapeau, Monsieur le monde
Même quand les gens diront
Que vous ne tournez pas toujours très rond

Bravo, pour vos montagnes
C'est beau, c'est formidable
Compliment pour vos saisons
Qui nous donnent des idées de chansons

Bravo, la mer
On n'a jamais trouvé un vert plus bleu
Un bleu plus vert
Aucune symphonie
N'est riche d'autant d'harmonie
Qu'un merveilleux tonnerre
Qui fait l'amour avec la pluie

Bravo, le vent
Qui fait ramper les blés
Qui fait trembler les océans
Bravo pour le soleil
Et la colère du volcan
Bravo pour l'arc-en-ciel
Qui met de la joie dans le cœur d'un enfant

Bravo, Monsieur le monde
Chapeau, Monsieur le monde
Nous vous demandons pardon
Pour tous ceux qui vous abîmeront

Bravo, Monsieur le monde
Bravo, pour la colombe
Si vous lui laissez la vie
Nous vous dirons simplement merci

 

+ Bruit des bottes (Le) - Jean Ferrat (1976)

C'est partout le bruit des bottes
C'est partout l'ordre en kaki
En Espagne on vous garrotte
On vous étripe au Chili
On a beau me dire qu'en France
On peut dormir à l'abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi

Quand un Pinochet rapplique
C'est toujours en général
Pour sauver la République
Pour sauver l'Ordre moral
On sait comment ils opèrent
Pour transformer les esprits
Les citoyens bien pépères
En citoyens vert-de-gris

A coup d'interrogatoires
De carotte et de bâton
De plongeon dans la baignoire
De gégène et de tison
Il se peut qu'on vous disloque
Ou qu'on vous passe à tabac
Qu'on vous suicide en lousdoc
Au fond d'un commissariat

Il se peut qu'on me fusille
Pour avoir donné du feu
Pour avoir joué aux billes
Avec un petit hébreu
On va t'écraser punaise
Pour avoir donné du pain
Pour avoir donné du pèze
Au petit nord-africain

Il se pourrait qu'on m'accuse
Avec un petit gourdin
D'avoir étudié Marcuse
D'avoir été sartrien
Ils auront des électrodes
Ils diront tu veux du jus
Pour connaître la période
Où j'étais au P.S.U.

A moins qu'ils me ratatinent
Pour mon immoralité
Pour avoir baisé Delphine
Pour avoir été pédé
A moins qu'ils ne me condamnent
A mourir écartelé
Entre l'amour de Roxane
Et celui du beau Dédé

Il se peut qu'on me douillette
Pour que je veuille attester
Qu'en mil neuf cent soixante-sept
Je lisais l'Humanité
Il se peut qu'on me tourmente
Et qu'on me fasse avouer
Que dans les années soixante
J'étais à la C.G.T.

A moins qu'ils me guillotinent
Pour avoir osé chanter
Les marins du Potemkine
Et les camps de déportés
A moins qu'avec un hachoir
Ils me coupent les dix doigts
Pour m'apprendre la guitare
Comme ils ont fait à Jara

C'est partout le bruit des bottes
C'est partout l'ordre en kaki
En Espagne on vous garrotte
On vous étripe au Chili
Il ne faut plus dire qu'en France
On peut dormir à l'abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi
Travaillent aussi du képi

 

+ Bruit et l'odeur (Le) - Zebda (1993)

Si j'suis tombé par terre
C'est pas la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau
Y avait pas Dolto
Si y'a pas plus d'anges
Dans le ciel et sur la terre
Pourquoi faut-il qu'on crève dans le ghetto ?

Plutôt que d'être issu d'un peuple qui a trop souffert
J'aime mieux élaborer une thèse
Qui est de pas laisser à ces messieurs
Qui légifèrent, le soin de me balancer
Des ancêtres

On a beau être né
Rive gauche de la Garonne
Converser avec l'accent des cigales
Ils sont pas des kilos dans la cité gasconne
A faire qu'elle ne soit pas qu'une escale

On peut mourir au front
Et faire toutes les guerres
Et beau défendre un si joli drapeau
Il en faut toujours plus
Pourtant y a un hommage à faire
A ceux tombés à Montécassino

Le bruit et l'odeur
Le bruit et l'odeur
Le bruit du marteau-piqueur {x4}

La peur est assassine
Alors c'est vrai je pénalise
Ceux qui flinguent les mômes
Qu'ont pas la pelouse en bas
Je suis un rêveur
Et pourtant ami j'analyse
Je suis un érudit et je vous dis:
Je suis serbo-croate et musulman
Voilà le hic
Un prêtre polonais républicain
Et laïque
Et si certains regrettent
De pas être noir de peau
Je n'ai qu'une réponse les gars
Vous avez du pot

L'égalité mes frères
N'existe que dans les rêves
Mais je n'abdique pas pour autant
Si la peur est un bras qui nous soulève
Elle nous décime
J'en ai peur pour la nuit des temps

Elle aime Noah
Mais faut qu'y gagne les tournoi
Elle aime Boli mais a jamais rien aboli {x2}

Le bruit et l'odeur
Le bruit et l'odeur
Le bruit du marteau-piqueur {x4}

Qui a construit cette route?
Qui a bâti cette ville?
Et qui l'habite pas?
A ceux qui se plaignent du bruit
A ceux qui condamnent l'odeur
Je me présente

Je m'appelle Larbi, Mamadou Juan et faites place
Guido, Henri, Chino Ali je ne suis pas de glace
Une voix m'a dit "Marathon" cherche la lumière
Du gouffre j'ai puisé un combat "la bonne affaire"

J'en ai bavé de la peur que j'ai lu dans les yeux
De ceux qui ont trois fois rien et qui le croiaient précieux
Quand j'ai compris la loi, j'ai compris ma défaite
Intégrez-vous disait-elle, c'était chose faite

Le bruit et l'odeur
Le bruit et l'odeur
Le bruit du marteau-piqueur {x4}

Le bruit du marteau-piqueur dans tes oreilles
Tu finis ta vie, elles bourdonnent les abeilles. {x2}

Le bruit et l'odeur
Le bruit et l'odeur
Le bruit du marteau-piqueur {x4}

 

+ Butte rouge (La) - Yves Montand (1955)

Paroles : Montéhus  Musique : Georges Krier (1923)

Sur c'te butte là, y avait pas d'gigolette,
Pas de marlous, ni de beaux muscalins.
Ah, c'était loin du moulin d'la galette,
Et de Paname, qu'est le roi des pat'lins.

C'qu'elle en a bu, du beau sang, cette terre,
Sang d'ouvrier et sang de paysan,
Car les bandits, qui sont cause des guerres,
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents.

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains

Sur c'te butte là, on n'y f'sait pas la noce,
Comme à Montmartre, où l'champagne coule à flots.
Mais les pauv' gars qu'avaient laissé des gosses,
I f'saient entendre de pénibles sanglots.

C'qu'elle en a bu, des larmes, cette terre,
Larmes d'ouvrier et larmes de paysan,
Car les bandits, qui sont cause des guerres,
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans.

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boit de ce vin là, boira les larmes des copains

Sur c'te butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons.
Filles et gars, doucement, y échangent,
Des mots d'amour, qui donnent le frisson.

Peuvent-ils songer dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes,
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé.

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin
Mais moi j'y vois des croix, portant l'nom des copains

 

+ Ça commence comme un rêve d'enfant - Julien Clerc (1979)

Paroles : Etienne Roda-Gil Musique: Julien Clerc, Jean-Pierre Boutayre  "36 Front populaire" (1979)

Ça commence comme un rêve d'enfant
On croit que c'est dimanche
Et que c'est le printemps

Toi et moi, on s'en va regarder
Le soleil sous les branches
Et puis parler de toi

Si tout change
Et s'arrange
Il y aura des étés pour toi
Et pour moi
Tu verras

Ça ressemble à un rêve d'enfant
On croit que c'est dimanche
Et que c'est le printemps

La radio donne enfin des nouvelles
Nouvelles, et nous parle
Enfin un peu de toi

Si tout change
Et s'arrange
Il y aura des étés pour toi
Et pour moi
Tu verras

Ça commence comme un rêve d'enfant
On croit que c'est dimanche
Et que c'est le printemps... 

 

+ Camarade - Charles Aznavour (1978)

Camarade
Tu étais mon seul ami, mon camarade
Tous les deux nous avons fait des barricades
Les maquis, les commandos, les embuscades
Mon camarade

Camarade
Un dimanche en défilant à la parade
Je t'ai vu soudain là-bas sur une estrade
Tu étais visiblement monté en grade
Mon camarade

Camarade
Les plus grands venaient te donner l'accolade
Ce n'était que mains serrées et embrassades
Ça donnait une impression de mascarade
Mon camarade

Camarade
Moi ici j'ai pris mon parti des brimades
Nous dormons tout habillés, les nuits sont froides
L'important c'est de ne pas tomber malade
Mon camarade

Camarade
Je ne vois qu'un petit coin de ciel maussade
Et les murs qui défieraient toute escalade
Ce n'est pas une prison d'où l'on s'évade
Mon camarade

Camarade
Le matin c'est la relève des brigades
A midi c'est l'heure de la promenade
Et la nuit on fait des rêves d'escapade
Mon camarade

Camarade
J'ai appris qu'ils t'ont donné une ambassade
Quelque part à Caracas ou à Belgrade
Plus tu montes plus, tu vois, je rétrograde
Mon camarade

Camarade
C'est fini j'arrête ici mes jérémiades
À bientôt qui sait dans une ou deux décades
Et je signe comme au temps de nos gambades
Ton Camarade

Tu étais mon seul ami, mon camarade
Tous les deux nous avons fait les barricades
Les maquis, les commandos, les embuscades
Mon camarade.

 

+ Camarade - Jean Ferrat (1969)

Paroles et Musique : Jean Ferrat (1969)

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années Camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s'épanouissaient
Camarade Camarade

C'est un nom terrible Camarade
C'est un nom terrible à dire
Quand, le temps d'une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d'août s'obscurcit
Camarade Camarade

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade
Pour qu'il revive à jamais
Se marient cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai


+ Camarade bourgeois - Renaud (1975)

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
La Triumph en bas d'chez toi,
Le p'tit chèque en fin de mois,
Regarde-toi AH AH AH
Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
T'as vraiment pas l'air con,
Quand tu sors le dimanche
Ton petit complet-veston
Et ta chemise blanche.
Regarde-toi AH AH AH
Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Tu roules en Ferrari
Ou en Lamborghini,
Tu roules des épaules,
Tu te crois super-drôle,
Regarde-toi AH AH AH
Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Je sais, ton père est patron,
Faut pas en faire un complexe,
Le jour d'la révolution,
On lui coupera qu'la tête.
Regarde-toi AH AH AH
Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Tu passes ton temps au drugstore
Sur les Champs-Elysées
Tu te crois très très fort,
T'es jamais qu'un minet.
Regarde-toi AH AH AH
Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Rejoins les rangs de la pègre,
Tu prendras vraiment ton pied,
Ne sois plus une petite pède,
Nous sommes tous des défoncés,
Regarde-moi AH AH AH
Regarde-moi AH AH AH
Regarde-moi AH AH AH
Regarde-moi AH AH AH

 

+ Canuts (Les)- Leny Escudero (1997) - Yves Montand (1955)

Paroles et musique d'Aristide Bruant - Création : 1894 (Exposition de Lyon)

Pour chanter « Veni Creator »
Il faut porter chasuble d'or (bis)
Nous en tissons pour vous
Gens de l'église
Mais nous pauvres canuts
N'avons point de chemises.
Nous sommes les canuts
Nous allons tous nus.

Pour gouverner, il faut avoir
Manteau et ruban en sautoir (bis)
Nous en tissons pour vous
Grands de la terre,
Mais nous pauvres canuts
Sans drap on nous enterre.
Nous sommes les canuts
Nous allons tous nus.

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira (bis)
Nous tisserons alors
Le linceul du vieux monde
Car on entend déjà
La révolte qui gronde.
Nous sommes les canuts
Nous n'irons plus nus.

 

+ Carmagnole - Les sans culottes

Madam' Veto avait promis (bis)
De faire égorger tout Paris (Bis)
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers

Refrain
Dansons la carmagnole
Vive le son, vive le son
Dansons la carmagnole
Vive le son du canon!

Refrain

Monsieur Veto avais promis
D'être fidèle à son pays
Mais il y a manqué
Ne faisons plus quartier

Refrain

Amis restons toujours unis
Ne craignons pas nos ennemis
S'ils viennent nous attaquer
Nous les ferons sauter.

Refrain

Antoinette avait résolu
De nous faire tomber sur le cul
Mais son coup a manqué
Elle a le nez cassé

Refrain

Son mari se croyant vainqueur
Connaissait peu notre valeur
Va, Louis, gros paour
Du temple dans la tour

Refrain

Les Suisses avaient promis
Qu'ils feraient feu sur nos amis
Mais comme ils ont sauté
Comme ils ont tous dansé !

Refrain

Quand Antoinette vit la tour
Elle voulut faire demi-tour
Elle avait mal au cœur
De se voir sans honneur.

Refrain

Lorsque Louis vit fossoyer
A ceux qu'il voyait travailler
Il disait que pour peu
Il était dans ce lieu.

Refrain

Le patriote a pour amis
Tout les bonnes gens du pays
Mais ils se soutiendront
Tous au son du canon.

Refrain

L'aristocrate a pour amis
Tous les royalistes de Paris
Ils vous le soutiendront
Tout comme de vrais poltrons!

Refrain

La gendarmerie avait promis
Qu'elle soutiendrait la patrie.
Mais ils n'ont pas manqué
Au son du canonnier

Refrain

Oui je suis sans-culotte, moi
En dépit des amis du roi
Vivent les Marseillois
Les bretons et nos lois!

Refrain

Amis restons toujours unis
Ne craignons pas nos ennemis
S’ils viennent nous attaquer
Nous les ferons sauter

Refrain

Oui nous nous souviendrons toujours
Des sans-culottes des faubourgs
A leur santé buvons
Vive ces francs lurons!

 

+ Casse tête - Yves Montand (1978)

Ils m'ont tapé sur la tête
Je ne me rappelle plus pourquoi
Ni même si ça m'a fait mal
Parce que j'en suis mort

Qu'est-ce que j'étais, déjà ?
Travailleur immigré, philosophe,
Résistant caché, dissident notoire
Ou bien animal à fourrure ?

Je m'appelais comment, déjà ?
José, Abdel, Argentino,
Arabica, Jan Patocka
Ou bien alors bébé phoque ?

Ils m'ont tapé sur la tête
Je ne me rappelle plus pourquoi
Ni même si ça m'a fait mal
Parce que j'en suis mort

M'a-t-on assommé pour mes idées
Ou pour faire de moi un manteau,
Pour de l'argent ou la couleur de ma peau ?
J'ai un bout d'os dans la mémoire

Quand leurs pieds chaussés m'ont cerné
Etais-je allongé dans des draps
Ou bien couché sur la banquise
Ou est-ce que je sortais d'un café ?

Je suis mort dans la rue de l'Ouest
Sur la glace du Nord ou chez les flics de l'Est
Ou dans la Pampa des casquettes
A coups de triques noires

Est-ce que je rêve de vengeance,
De têtes policières éclatées,
De tête de chasseurs sanglantes,
De têtes de racistes en purée ?

Ou bien est-ce que je vois des têtes
Emerveillées d'elles-mêmes
Emerveillées de leur dedans
Et se découvrant nouveau monde ?

Je suis mort, répondez pour moi !
Je m'appelais Jan Patocka
Argentin et bébé phoque arabe
Maintenant... Ça me revient !

 

+ C'est comme vous voulez - Alain souchon (1985)

Sans opinion, chanteur
J'vous suis dans toutes vos combines
J'ai aucun point d'honneur
Cool, je suis les consignes
J'peux faire des choses fines
En disant cocaïne
Un clip de hard lourd
En disant Pearl Harbour.

Vous m'dites : "La samba, c'est beau."
J'vous fais d'la samba ghetto.
Vous m'dites : "La biguine, OK !"
Je f'rai l'Antillais.
Mouton, mouton
Soumis, docile et sans rébellion
Bêê, bêê, j'suivrai :
Tout c'qui vous plaît m'plaît.

{Refrain:}
C'est comme vous voulez {2x}
Où vous irez, j'irai
C'est comme vous voulez
Comme voulez

J'vous ai suivi jusqu'à Hanoï
Pour sauver votre empire
Obéissant, p'tit boy
Bye. Faut s'tirer : on s'tire
Debout, couché, la patte, assis Messaoud
J'ai suivi, pour l'honneur, l'horreur
Mouton suiveur

Vous m'dites : "Rencard à Kaboul."
A Kaboul, moi, j'déboule
Dites : "Go à Santiago"
A Santiago je go
Mouton, mouton
Soumis, docile et sans rébellion
Bêê, bêê, j'suivrai
La guerre ou la paix

{Refrain}

Ku Klux Clan baba cool GreenPeace et Moon imbéciles
Karl Marx Brothers et beau dollar infantile
Bob Dylan dans ta caverne
Ou petit nazi moderne

{Refrain}

 

+ C'est déjà ça - Alain Souchon (1994)

Je sais bien que, rue d'Belleville,
Rien n'est fait pour moi,
Mais je suis dans une belle ville :
C'est déjà ça.
Si loin de mes antilopes,
Je marche tout bas.
Marcher dans une ville d'Europe,
C'est déjà ça.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.

Y a un sac de plastique vert
Au bout de mon bras.
Dans mon sac vert, il y a de l'air :
C'est déjà ça.
Quand je danse en marchant
Dans ces djellabas,
Ça fait sourire les passants :
C'est déjà ça.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça,
C'est déjà ça, déjà ça.

Déjà...

Pour vouloir la belle musique,
Soudan, mon Soudan,
Pour un air démocratique,
On t'casse les dents.
Pour vouloir le monde parlé,
Soudan, mon Soudan,
Celui d'la parole échangée,
On t'casse les dents.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.

Je suis assis rue d'Belleville
Au milieu d'une foule,
Et là, le temps, hémophile,
Coule.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.
Oh, oh, oh, et je rêve
Que soudain, mon pays, Soudan se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.

C'est... dé... jà... ça.

 

+ Ce lundi là - Michel Delpech (1975)

Paroles : Michel Delpech, Jean-Michel Rivat  Musique: Roland Vincent (1975)
© Editions Marouani/Warner Chapell

Quand il est descendu pour acheter des cigarettes
Jean-Pierre savait déjà qu'il ne reviendrait plus jamais
Il a pensé encore à toute sa vie avec Michelle
Et puis il a tourné enfin le coin d'la rue
Michelle aurait voulu le voir grandir dans l'entreprise
Mais lui n'se voyait pas finir ses jours au marketing
Avec dans son café les cours de la livre sterling
Et des enfant qui lui ressembleraient de plus en plus
Voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait
Voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait

Il savait qu'à huit heures la table serait mise
A côté de son assiette il y aurait ses tranquillisants
S'il fallait toutes ces salop'ries pour arriver à s'endormir
Ce n'était pas la peine d'avoir trente ans
Et puis il verrait bien ce qu'il allait devenir
Mais il n'en pouvait plus de vivre déjà comme un vieux
Le but de sa vie n'était pas d'avoir un jour un compte en Suisse
Ce n'était pas l'argent qui lui manquait pour être heureux
Voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait
Voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait

Il revoyait encore la brasserie des "Trois dauphins"
Où ses amis l'attendraient demain de midi à deux heures
La crise entraînerait encore des conversations sans fin
Mais demain à deux heures il serait loin
Il revoyait aussi la Michelle amoureuse
Celle qui lui téléphonait trois fois par jour à son travail
C'était la vraie complicité, le vie n'était jamais sérieuse
Une de ces périodes heureuses qui ne se retrouve pas
Voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait
Voilà pourquoi ce lundi-là... il s'en allait...

 

+ Changez tout - Michel Jonasz (1975)

Paroles : Pierre Grosz  Musique : Michel Jonasz "Changez tout (1975)
© Marouani / Warner Chappell Music France

Je veux aller où l'air est plus doux,
Où la colombe vole en-dessous,
Où le printemps entre un jour comme un fou,
Vous saisit au revers,
Au détour d'un chemin vert
Et vous dit : "Ca va pas comme ça.
Changez tout, changez tout.
Vot'monde ne tient pas debout.
Changez tout, changez tout, changez tout."

Je veux aller dans l'après-midi
D'un jour où rien n'est interdit,
Où le bonheur, sans faire de comédie,
Vous salue sans manières
Et vous parle à cœur ouvert
Et vous dit "Qu'est-c'que t'as bien fait
D'changer tout, changer tout,
Pour une vie qui vaille le coup.
Changez tout, changez tout, changez tout.

Changez tout, changez tout.
Qu'est-ce que vous feriez sans nous ?
Après tout, changez tout, changez tout.

Changez tout, changez tout,
Pour une vie qui vaille le coup.
Changez tout, changez tout, changez tout.

 

+ Chanson de Craonne (La) - Ginette Garcin

Paroles : Anonymes  Musique : Adhémar Sablon (1917)
© Editions Batifol

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

Refrain

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

 

+ Chanson des huit heures (La) - Rosalie Dubois

Paroles de Léon Drouin de Bercy (1857-1915), chansonnier montmartrois (le Chat Noir)
Musique d'Anne de Bercy - 1905

Chaque fois qu'on doit compagnon
Entamer à nouveau la lutte
Songez-y bien nous ne gagnons
Le terrain que l'on nous dispute
Que lorsque nous savons unir
Tous les efforts de notre cause
Le peuple ne peut obtenir
Des pouvoirs que ce qu'il impose.
Travailleurs, travailleurs, puisque nous désirons
Vivre en des circonstances meilleures
N'accordons désormais pas journée au patron
Rien que huit heures.
Nos huit heures c'est s'employer
A restreindre nos servitudes
C'est trouver à notre foyer
Le temps de fécondes études
Nos huit heures c'est le loisir
De penser à ce que nous sommes
C'est s'affirmer et ressaisir
Ainsi notre dignité d'homme.
REFRAIN
Nos huit heures c'est pour demain
La rupture des lourdes chaînes
Qui barrent en nous le chemin
Des libertés enfin prochaines
Nos huit heures c'est en finir
Avec la morgue patronale
C'est préparer pour l'avenir
La Révolution finale.


+ Chanson pour elle - Julien Clerc (1979)

Pour elle
Si l’orage lui cachait le ciel
Alors je balayerais le ciel
Pour elle

Pour elle
Si le ciel cachait son soleil
Alors je creuserais le ciel
Pour elle

Voilà ce que je peux vous dire de l’avenir
Même si je devais en mourir, mourir

Pour rien
On se bat toujours pour quelqu’un
Pour lui faire une vie plus belle, plus belle…
Pour elle
Pour elle

Sans elle
La vie ne vaudrait rien sans elle
Les jours seraient toujours pareils
Sans elle

Demain si nous échouons encore demain
Je recommencerais de plus belle
Pour elle

Voilà ce que je peux vous dire de l’avenir
Même si je devais en mourir, mourir

Pour elle
Et s’il ne brillait pas pour elle
Alors j’éteindrais le soleil
Pour elle
Pour elle

 

+ Chant des ouvriers (Le) - Rosalie Dubois

Paroles et musique de Pierre Dupont (1821-1870), chansonnier parisien, né à Lyon, interprète de ses chansons

Nous dont la lampe, le matin
Au clairon du coq se rallume
Nous tous qu'un salaire incertain
Ramène avant l'aube à l'enclume
Nous qui des bras, des pieds, des mains
De tout le corps luttons sans cesse
Sans abriter nos lendemains
Contre le froid de la vieillesse.
REFRAIN
Aimons-nous, et quand nous pouvons.
Nous unir pour boire à la ronde.
Que le canon se taise ou gronde.
Buvons (ter).
A l'indépendance du monde !

Nos bras sans relâche tendus.
Aux flots jaloux, au sol avare.
Ravissent leurs trésors perdus.
Ce qui nourrit et ce qui pare .
Perles, diamants et métaux.
Fruit du côteau, grain de la plaine .
Pauvres moutons, quels bons manteaux.
Ils se tissent avec notre laine !
Quel fruit tirons nous du labeur .
Qui courbe nos maigres échines ?
Où vont les flots de nos sueurs ?
Nous ne sommes que des machines.
Nos Babels montent jusqu'au ciel..
La terre nous doit ses merveilles :
Dès qu'elles ont fini le miel.
Le maître chasse les abeilles..
Au fils chétif d'un étranger
Nos femmes tendent leurs mamelles,
Et lui, plus tard, croit déroger
En daignant s'asseoir auprès d'elles ;
De nos jours le droit du seigneur
Pèse sur nous plus despotique :
Nos filles vendent leur honneur
Aux derniers courtauds de boutique.
Mal vêtus, logés dans des trous,
Sous les combles, dans les décombres
Nous vivons avec les hiboux
Et les larrons amis des ombres ;
Cependant notre sang vermeil
Coule impétueux dans nos veines ;
Nous nous plairions au grand soleil,
Et sous les rameaux verts des chênes.
A chaque fois que par torrents
Notre sang coule sur le monde,
C'est toujours pour quelques tyrans
Que cette rosée est féconde ;
Ménageons le dorénavant,
L'amour est plus fort que la guerre ;
En attendant qu'un meilleur vent
Souffle du ciel ou de la terre.

 

 

 

 

+ Chant des partisans (Le) - Yves Montand (1955)

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

 

+ Chant du départ (Le) - Les sans culottes

La victoire en chantant
Nous ouvre la barrière
La liberté guide nos pas
Et du Nord au midi
La trompette guerrière
A sonné l'heure des combats.
Tremblez ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil.
Le peuple souverain s'avance :
Tyrans descendez au cercueil.

{Refrain:}
La république nous appelle,
Sachons vaincre ou sachons périr;
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.

De nos yeux maternels
Ne craignez pas les larmes;
Loin de nous les lâches douleurs !
Nous devons triompher
Quand vous prenez les armes,
Nous vous avons donné la vie
Guerriers, elle n'est plus à vous;
Tous nos jours sont à la patrie,
Elle est votre mère avant nous

{au Refrain}

Que le fer paternel arme la main des braves;
Songez à nous au champs de Mars;
Consacrez dans le sang des Rois et des esclaves
Le fer béni par nos vieillards,
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus,
Venez fermer notre paupière
Quand les tyrans ne seront plus.

{au Refrain}

De Barra, de Viala le sort nous fait envie:
Ils sont morts mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d'ans n'a pas connu la vie;
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes;
Guidez-nous contre les tyrans;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants

{au Refrain}

Partez, vaillants époux ! Les combats sont vos fêtes
Partez, modèles des guerriers !
Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes,
Nos mains tresserons vos lauriers
Et, si le temple de Mémoire
S'ouvrait à nos mânes vainqueurs,
Nos voix chanteront votre gloire,
Nos flancs porteront vos vengeurs.

{au Refrain}

Et nous, sœurs des héros; nous, qui de l'hyménée
Ignorons les aimables nœuds,
Si, pour s'unir un jour à notre destinée,
Les citoyens forment des vœux,
Qu'ils reviennent dans nos murailles
Beaux de gloire et de liberté,
Et que leur sang ans les batailles
ait coulé pour l'égalité.

{au Refrain}

Sur le fer, devant Dieu, nous jurons à nos pères,
A nos épouses, à nos sœurs,
A nos représentants, à nos fils à nos mères
D'anéantir les oppresseurs.
En tous lieux, dans la nuit profonde
Plongeant l'infâme royauté,
Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté

{au Refrain}

 

+ Charognard (Les) - Renaud (1977)

Il y a beaucoup de monde
Dans la rue Pierre Charon
Il est 2 heures du mat'
Le braquage a foiré

J'ai une balle dans le ventre
Une autre dans le poumon
J'ai vécu à Sarcelles
J'crève aux Champs Elysés

Je vois la France entière du fond de mes ténèbres
Les charognards sont là la mort ne vient pas seule
J'ai la connerie humaine comme oraison funèbre
Le regard des curieux comme unique linceul

« C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau »

Le boulanger du coin a quitté ses fourneaux
Pour s'en venir cracher sur mon corps déja froid
Il dit « J'suis pas raciste mais quand même les bicots
Chaque fois qu'y a un sale coups ben y faut qu'y z'en soient »

« Moi Monsieur j'vous signale que j'ai fait l'Indo-Chine »
Dit un ancien para à quelques arrivistes
Ces mecs c'est d'la racaille c'est pire que les vietmines
Faut les descendre d'abord et discuter ensuite

« C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau »

Les zonards qui sont là vont s'faire lincher sûrement
Si y continuent à dire que les flics assassinent
Qu'on est un être humain même si on est truand
Et que ma mise à mort n'a rien de légitime

« Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère »
Dit un père bérêt basque à un jeune blouson de cuir
« Et si c'était ton fils qu'était couché par terre
Le nez dans sa misère » répond le jeune pour finir

« C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau »

Et Monsieur blanc cassis continue son délire
Convaincu que déja mon âme est chez le diable
Que ma mort fût trop douce que je méritais pire
J'espère bien qu'en Enfer je r'trouverai ces minables

Je n'suis pas un héros j'ai eu c'que j'méritais
Je ne suis pas à plaindre j'ai presque de la chance
Quand je pense à mon pote qui lui n'est que blessé
Y va finir ses jours à l'ombre d'une potence

« C'est bien fait pour sa gueule
Ce n'est qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour sa peau »

Elle n'a pas 17 ans cette fille qui pleure
En pensant qu'à ses pieds il y a un homme mort
Qu'il soit flic ou truand elle s'en fout sa pudeur
Comme ses quelques larmes me réchauffent le corps

Il y a beaucoup de monde
Dans la rue Pierre Charon
Il est 2 heures du mat'
Mon sang coule au ruisseau

C'est le sang d'un voyou qui révait de millions
J'ai des millions d'étoiles au fond de mon caveau
J'ai des millions d'étoiles au fond de mon caveau

 

+ Chiffon rouge (Le)- Michel Fugain (1977)

Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge
Lève-toi car il est temps

Allons droit devant vers la lumière
En levant le poing et en serrant les dents
Nous réveillerons la terre entière
Et demain, nos matins chanteront

Compagnon de colère, compagnon de combat
Toi que l'on faisait taire, toi qui ne comptais pas
Tu vas pouvoir enfin le porter
Le chiffon rouge de la liberté
Car le monde sera ce que tu le feras
Plein d'amour de justice et de joie

Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge
Lève-toi car il est temps

Tu crevais de faim dans ta misère
Tu vendais tes bras pour un morceau de pain
Mais ne crains plus rien, le jour se lève
Il fera bon vivre demain

Compagnon de colère, compagnon de combat
Toi que l'on faisait taire, toi qui ne comptais pas
Tu vas pouvoir enfin le porter
Le chiffon rouge de la liberté
Car le monde sera ce que tu le feras
Plein d'amour de justice et de joie

 

+ Chômage - Zebda (1995)

"Le bruit et l'odeur" (1995)

De tous les côtés, tous les côtés, tous les côtés, de tous les côtés chômage, Tous les côtés tous les côtés, dommage

Je donne pour les restos, je donne pour les ghettos
Je donne pour les sans domicile, et le sang versé
Je donne pour l'école, sérieux tu rigoles
J'suis là et pas de hic je vais pas m'en priver
Je donne à  l'unisson a I'U.N.I.C.E.F et M.S.F
Je donne pour les implants et la greffe mais
Donner pour donner c'est pas tout a fait ma devise
Je donne pas, j'investis dans la solidarité
C'est le fin du fin dans le show biz
Tu places dans le coeur et doubles la mise


De tous les côtés, tous les côtés, tous les côtés, de tous les côtés chômage, Tous les côtés tous les côtés, dommage

Je donne pour les mômes, en somme qu'ont pas de jouets
Je donne pour les cancres pas aux surdoués
Je donne, c'est la crise aux entreprises
Je donne mon pécule mais je calcule
Je fais attention à la pollution attention!

De tous les côtés, tous les côtés, tous les côtés, de tous les côtés chômage, x3

Je donne à  la cirrhose et donne à  la poliomyélite
Je donne a ceux qui causent et donne à tous ceux qui militent
Je donne aux bénévoles et donne tout ce qui me reste
Je donne et sans compter, je donne, pour les malheurs à l'Est

Je donne aux bénévoles et donne
Je donne à  ceux qui volent et donne (x2)

Je donne à  la recherche et donne à  la péritonite
Je donne à  l'hépatite et donne aussi pour les otites
Je donne pour la paix, aux conférences tripartites
Je donne à  l'Irak ,à l'Iran, j'ai pas de favorites
Je donne aux savants et tant pis si les satellites
Ne servent qu'à la masturbation, des élites.

 

+ Chômage au fond de la vallée - Chanson Plus Bifloré (1994)

Paroles : Chanson Plus Bifluorée

Parodie d'après "Les trois cloches" - J.Vilar

Chômage au fond de la vallée
C'est là la vraie fatalité
Voici qu'en la nuit étoilée
Un sans emploi nous est donné
Séraphin Deudroit il se nomme
Il était cadre et respecté
Aujourd'hui pôvre petit homme
Voilà que tu es licencié
Quand la cloche sonne sonne
C'est à l'Armée du Salut
Que se rassemblent les hommes
Les hommes qu'ont tout perdu
Armée froide qui résonne
En haillons et peu vêtus
Plus de trois millions entonnent
Le chant triste et monotone
C'est la chanson du chôm'du

Chômage au fond de la vallée
Peu de familles sont épargnées
Voilà qu'après dix-neuf années
Le Séraphin est remercié
Qu'arrive-t-il ? Ah quel marasme !
Sa femme geint près de l'évier
Ses deux fillettes font de l'asthme
Son vieux chien est paralysé
Quand la cloche sonne sonne
C'est la douleur des vaincus
Qui au fond des coeurs résonne
Comme un cri d'amour perdu
Et l'assistante sociale
Ne pourra rien y changer
Séraphin est au plus mal
Part à la banque locale
Avec un grand pistolet

Chômage au fond de la vallée
Un drame horrible est arrivé
Hier un homme a pris en otage
Le patron du Crédit (censuré)
Séraphin Deudroit il se nomme
Il était cadre et respecté
Aujourd'hui pôvre petit homme
Les policiers l'ont arrêté
Quand la cloche sonne sonne
C'est chaque jour à midi
Que se rassemblent les hommes
Pour un repas netre amis
Séraphin est tout sourire
Plus besoin de RMI
A l'atelier on l'admire
On assure son avenir
A la prison de Fleury
A la prison de Fleury

 

 

+ Ciel tatoué (Le) - Julien Clerc (1974)

Paroles : Etienne Roda-Gil  Musique : Julien Clerc "Terre de France" (1974)

Les enfants du voyage sont malheureux
La petite fille des manèges est bien comme eux
Jamais les mêmes rues ni le même regard
Toujours des inconnus, toujours la même histoire

Elle vit sous un grand ciel tatoué
De roses bleues de roses bleues
Qui n'est jamais, jamais, jamais
Du même bleu, du même bleu

Les lanceurs de couteau sont amoureux
De la belle trapéziste qui se fout d'eux
Et la petite fille sait des choses qu'on ne sait pas
Des choses qu'on ne sait pas surtout à cet âge là

Elle vit sous un grand ciel tatoué
De roses bleues de roses bleues
Qui n'est jamais, jamais, jamais
Du même bleu, du même bleu

Les enfants du voyage sont mystérieux
La petite fille des manèges est bien comme eux
Elle rêve d'une maison encrée au coin d'un feu
Et d'un ciel immobile toujours du même bleu

Elle vit sous un grand ciel tatoué
De roses bleues de roses bleues
Qui n'est jamais, jamais, jamais
du même bleu, du même bleu
(x2)


+ Co j'ai marre - Tryo (2003)

Paroles et Musique : Tryo "Grain de sable" (2003)

C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai
C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai

Adolf Nucléaire existe, il est français
Ça finit par un A, ça commence par un C
Ces enfoirés là exportent à l'étranger
Des tonnes de déchets plus ou moins irradiés

Et quand à la Hague on fait des vagues
Dans l'Mont Oural, il se passe que dalle
On y observe du monstre humain
D'une génétique du corps humain

Les rivières sont devenues des cimetières
Quant à la mer, elle... elle digère !

La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des doooooooooons
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime l'environnement
Elle fait des doooooooooons

Adolf Nucléaire existe, il est français
Ça finit par un A, ça commence par un C
Mais dis-moi, COGEMA, est-ce que tu les vois,
Est-ce que tu les vois, les enfants d'là-bas ?

Moi, j'pense que oui,
Que la vie est bien loin de tes profits
Et que tout notre inconscient
Reviendra en un coup d'vent sur la gueule de nos enfants !

Adolf Nucléaire,
Tu nous tiens par les couilles
Mais peut être qu'un four solaire
Ira cuire ma tambouille

En attendant, j'gamberge,
Moi j'veux qu'ma terre se relève
Et toi t'auras ton procès
Quand on sera tous irradiés

Mais dis moi, COGEMA,
Qu'est-ce que tu feras,
Quand pour le présent
Il y aura plus d'temps ?

La COGEMA aime vos enfants
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime vos enfaaaaaaants
Elle fait des doooooooons

La COGEMA aime vos enfants
Elle fait des dons une fois par an
La COGEMA aime vos enfaaaaaaants
Elle fait des doooooooons

C - O - G - E - M - A
Nanananana nonono nananai

 

+ Comme ils disent - Charles Aznavour (1973)

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1973
© Djanik 1973

Dans un très vieil appartement
Rue Sarasate
J'ai pour me tenir compagnie
Une tortue deux canaris
Et une chatte
Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j'essuie,
A l'occasion je pique aussi
A la machine
Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier c'est la nuit.
Que je l'exerce en travesti :
Je suis artiste
Jai un numéro très spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n'en croient pas leurs yeux.
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là on s'en donne à cœur joie
Et sans complexe
On déballe des vérités
Sur des gens qu'on a dans le nez
On les lapide
Mais on fait ça avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d'acide
On rencontre des attardés
Qui pour épater leurs tablées
Marchent et ondulent
Singeant ce qu'ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule
Ça gesticule et parle fort
Ça joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi les lazzi, les quolibets
Me laissent froid puisque c'est vrai.
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

A l'heure où naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J'ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un Dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire
Ma bouche n'osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l'objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Au lit des femmes
Nul n'a le droit en vérité
De me blâmer de me juger
Et je précise
Que c'est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

 

+ Commune (La) - Jean Ferrat (1971)

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément

C'étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C'étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles
C'étaient des forgerons
Devenus des moblots

Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers et artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément

Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C'étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l'avenir
Aux pavés de la ville
C'étaient des forgerons
Devenus des héros

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s'éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément

 

+ Complainte de la butte (La) - Rufus Wainwright (2001)

La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein d' trous
La lune trop pâle
Caresse l'opale
De tes yeux blasés
Princesse de la rue
Soit la bienvenue
Dans mon coeur brisé

The stairways up to la butte
Can make the wretched sigh
While windmill wings
Of the moulin
Shelter you and I

Ma p'tite mandigotte
Je sens ta menotte
Qui cherche ma main
Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin
Je sens sous tes lèvres
Une odeur de fièvre
De gosse mal nourrie
Mais sous ta caresse
Je sens une ivresse
Qui m'anéantit

The stairways up to la butte
Can make the wretched sigh
While windmill wings
Of the moulin
Shelter you and I

Mais voilà qu'elle trotte
La lune qui flotte
La princesse aussi
La la la la la
La la la la la
Mon rêve épanoui

Les escaliers de la butte
Sont durs aux miséreux
Les ailes du moulin
Protègent les amoureux

 

+ Courrir derrière - Louis Chedid (2005)

Tu croises des gens qui dorment dehors,
Sous des cartons d'emballage.
En bas des hôtels tout confort.
Gaz, électricité à tous les étages.
Tu donnes des sous par ci, par là,
Un emplâtre sur une jambe de bois.
Tu voudrais faire plus, mais faire quoi ?
A part de dire :
Mais où va-t-on comme ça ?

Courir derrière des bouts de papier.
Quel gaspillage quand on y pense !
Perdre sa vie à la gagner,
Courir en dépit du bons sens.
Vendre ses nuits, vendre ses jours,
Pour quelques francs bien trop lourds.
Courir derrière des bouts de papier.
A peine le temps d'exister.
Courir derrière, courir derrière.

Argent pourri jusqu'à la moelle.
Quand est-ce que ce train déraille ?
Comment faire un trou dans la toile
Qu'a tissée cette mygale ?
Mais encore trop de chiffres dans nos têtes,
Encore trop de prix sur des tas d'étiquettes.
Faire quelque chose mais faire quoi ?
A part de dire :
Mais où va-t-on comme ça ?

Courir derrière des bouts de papier.
Quel gaspillage quand on y pense !
Perdre sa vie à la gagner,
Courir en dépit du bon sens.
Vendre ses nuits, vendre ses jours,
Pour quelques francs bien trop lourds.
Courir derrière des bouts de papier.
A peine le temps d'exister.
Courir derrière, courir derrière.

Des mailles, des mailles, encore des mailles,
Pris dans la toile.
Déraille, déraille, déraille, déraille,
Quand est-ce que ce train déraille ?

Courir derrière ...

 

+ Dans mon HLM - Renaud (1980)

Au rez-d'-chaussée, dans mon HLM
Y a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c' qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s' recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d' peigne cul.
Sa femme sort pas d' la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au premier, dans mon HLM,
Y a l' jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s' casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc' que naturellement
C' bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au deuxième, dans mon HLM,
Y a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y a tout l' temps d' la musique.
Des anciens d' soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instit',
Y'en a une, c'est ma sœur.
Y vivent comme ça, relax
Y a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools!

Putain, c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au troisième, dans mon HLM;
Y a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d' juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l' quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc' que ça fait vieillir,
Ça ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au quatrième, dans mon HLM,
Y a celui qu' les voisins
Appellent " le communiste ",
Même qu'ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste!
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y a trois ans pour l' Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti,
N'empêche que " Mort aux cons "
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Pi y a aussi, dans mon HLM,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s' balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger all'mand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d' ces braves gens
J' fais un saut au huitième
Pour construire un moment
'vec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand l' jour se lève
On s' quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve!

Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

 

+ Dernière séance (La) - Eddy Mitchell (1977)

Paroles : Claude Moine Musique : Pierre Papadiamandis   "La dernière séance" (1977) 
© Barclay

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

Refrain

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

 

+ Déserteur (Le) - Serge Reggiani (1965) - Boris Vian

Messieurs qu'on nomme Grands
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Messieurs qu'on nomme Grands
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Les guerres sont des bêtises
Le monde en a assez

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir des pères
J'ai vu partir des frères
Et pleurer des enfants
Des mères ont tant souffert
Et d'autres se gambergent
Et vivent à leur aise
Malgré la boue de sang
Il y a des prisonniers
On a vole leur âme
On a vole leur femme
Et tout leur cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai par les chemins

Je vagabonderai
Sur la terre et sur l'onde
Du Vieux au Nouveau Monde
Et je dirai aux gens:
Profitez de la vie
Éloignez la misère
Vous êtes tous des frères
Pauvres de tous les pays
S'il faut verser le sang
Allez verser le vôtre
Messieurs les bon apôtres
Messieurs qu'on nomme Grands
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer
Et qu'ils pourront tirer...

 

+ Déserteur - Renaud (1983)

Monsieur le président
Je vous fais une bafouille
Que vous lirez sûrement
Si vous avez des couilles
Je viens de recevoir
Un coup d'fil de mes vieux
Pour m'prévenir qu'les gemdarmes
S'étaient pointés chez eux
J'ose pas imaginer
C'que leur a dit mon père
Lui, les flics, les curés
Et pis les militaires
Les a vraiment dans l'nez
P't-être encore plus que moi
Dès qu'il peut en bouffer
L'vieil anar' y s'gêne pas
L'vieil anar' y s'gêne pas

Alors y parait qu'on m'cherche
Qu'la France a besoin d'moi
C'est con, j'suis en Ardèche
Y fait beau, tu crois pas
J'suis là avec des potes
Des écolos marrants
On a une vieille bicoque
On la retappe tranquillement
On fait pousser des chèvres
On fabrique des bijoux
On peut pas dire qu'on s'crève
L'travail, c'est pas pour nous
On a des plantations
Pas énormes, trois hectares
D'une herbe qui rend moins con
Non, c'est pas du ricard
Non, c'est pas du ricard

Monsieur le président
Je suis un déserteur
De ton armée de glands
De ton troupeau d'branleurs
Ils auront pas ma peau
Toucheront pas à mes cheveux
J'saluerai pas l'drapeau
J'marcherai pas comme les boeufs
J'irai pas en Allemagne
Faire le con pendant douze mois
Dans une caserne infame
Avec des plus cons qu'moi
J'aime pas recevoir des ordres
J'aime pas me lever tôt
J'aime pas étrangler le borgne
Plus souvent qu'il ne faut
Plus souvent qu'il ne faut

Puis surtout c'qui m'déplait
C'est que j'aime pas la guerre
Et qui c'est qui la fait
Ben c'est les militaires
Ils sont nuls, ils sont moches
Et pis ils sont teigneux
Maintenant j'vais t'dire pourquoi
J'veux jamais être comme eux
Quand les Russes, les Ricains
Feront péter la planete
Moi, j'aurais l'air malin
Avec ma bicyclette
Mon pantalon trop court
Mon fusil, mon calot
Ma ration d'topinambour
Et ma ligne Maginot
Et ma ligne Maginot

Alors me gonfle pas
Ni moi, ni tous mes potes
Je serai jamais soldat
J'aime pas les bruits de bottes
T'as plus qu'a pas t'en faire
Et construire tranquilos
Tes centrales nucléaire
Tes sous-marins craignos
Mais va pas t'imaginer
Monsieur le président
Que j'suis manipulé
Par les rouges ou les blancs
Je n'suis qu'un militant
Du parti des oiseaux
Des baleines, des enfants
De la terre et de l'eau
De la terre et de l'eau

Monsieur le président
Pour finir ma bafouille
J'voulais t'dire simplement
Ce soir on fait des nouilles
A la ferme c'est l'panard
Si tu veux, viens bouffer
On fumera un pétard
Et on pourra causer
On fumera un pétard
Et on pourra causer

 

+ Diego libre dans sa tête - France Gall (1981)

Derrière des barreaux
Pour quelques mots
Qu'il pensait si fort
Dehors, dehors, il fait chaud
Des milliers d'oiseaux
S'envolent sans effort

Quel est ce pays
Où frappe la nuit
La loi du plus fort ?

Diego, libre dans sa tête
Derrière sa fenêtre
S'endort peut-etre...

Et moi qui danse ma vie
Qui chante et qui rit
Je pense à lui

Diego, libre dans sa tête
Derrière sa fenêtre
Déjà mort peut-être...

 

+ Divorcés (Les) - Michel Delpech (1973)

Paroles : Michel Delpech & Jean Michel Rivat   Musique : Roland Vincent (1973)
© Warner Chappell Music France

On pourra dans les premiers temps
Donner la gosse à tes parents,
Le temps de faire le nécessaire.

Il faut quand même se retourner.
Ça me fait drôle de divorcer,
Mais ça fait rien : je vais m'y faire.

Si tu voyais mon avocat,
Ce qu'il veut me faire dire de toi :
Il ne te trouve pas d'excuses.

Les jolies choses de ma vie,
Il fallait que je les oublie :
Il a fallu que je t'accuse.

Tu garderas l'appartement.
Je passerai de temps en temps,
Quand il n'y aura pas d'école.

Ces jours-là, pour l'après-midi,
Je t'enlèverai Stéphanie.
J'ai toujours été son idole.

Si tu manquais de quoi qu'ce soit,
Tu peux toujours compter sur moi
En attendant que tu travailles.

Je sais que tu peux t'en sortir :
Tu vas me faire le plaisir
De te jeter dans la bataille.

Refrain:
Si c'est fichu
Entre nous,
La vie continue
Malgré tout.

Tu sais maintenant c'est passé
Mais au début j'en ai bavé :
Je rêvais presque de vengeance

Évidemment j'étais jaloux
Mon orgueil en a pris un coup
Je refusais de te comprendre.

À présent, ça va beaucoup mieux
Et finalement je suis heureux
Que tu te fasses une vie nouvelle.

Tu pourrais même faire aussi
Un demi-frère à Stéphanie :
Ce serait merveilleux pour elle.

Refrain

Les amis vont nous questionner
Certains vont se croire obligés
De nous monter l'un contre l'autre

Ce serait moche d'en arriver
Toi et moi à se détester
Et à se rejeter les fautes.

Alors il faut qu'on ait raison
Car cette fois-ci c'est pour de bon :
C'est parti pour la vie entière.

Regarde-moi bien dans les yeux
Et jure moi que ce s'ra mieux
Qu'il n'y avait rien d'autre à faire

Refrain
...Malgré tout

 

+ Dollar -Gilles et Julien (1932)

De l'autre côté de l'Atlantique
Dans la fabuleuse Amérique
Brillait d'un éclat fantastique
Le dollar
Il f'sait rêver les gueux en loques
Les marchands d'soupe et les loufoques
Dont le cerveau bat la breloque
Le dollar
Et par milliers, d'la vieille Europe
Quittant sa ferme ou son échoppe
Ou les bas quartiers interlopes
On part, ayant vendu jusqu'à sa ch'mise
On met l'cap sur la terre promise
Pour voir le dieu dans son église
Le dieu Dollar !

Mais déjà dans la brume
Du matin blafard
Ce soleil qui s'allume
C'est un gros dollar !
Il éclaire le monde
De son feu criard
Et les hommes à la ronde
L'adorent sans retard

On ne perd pas l'nord, vous pensez,
Juste le temps de s'élancer
De s'installer, d'ensemencer
Ca part !
On joue, on gagne, on perd, on triche
Pétrole, chaussettes, terrains en friche
Tout s'achète, tout s'vend, on d'vient riche
Dollar !

On met des vieux pneus en conserve
Et même, afin que rien n'se perde,
On fait d'l'alcool avec d'la merde
Dollar !
Jusqu'au bon Dieu qu'on mobilise
Et qu'on débite dans chaque église
Aux enchères comme une marchandise
A coups d'dollars !

Mais sur la ville ardente
Dans le ciel blafard
Cette figure démente
C'est le dieu Dollar !
Pas besoin de réclame
Pas besoin d'efforts
Il gagne toutes les âmes
Parce qu'il est en or

Autos, phonos, radios, machines,
Trucs chimiques pour faire la cuisine
Chaque maison est une usine
Standard
A l'aube dans une Ford de série
On va vendre son épicerie
Et l'soir on retrouve sa chérie
Standard
Alors on fait tourner des disques
On s'abrutit sans danger puisque
On est assuré contre tous risques
Veinard !
La vie qui tourne comme une roue
Vous éclabousse et vous secoue
Il aime vous rouler dans la boue
Le dieu Dollar

Quand la nuit sur la ville
Pose son manteau noir
Dans le ciel immobile
Veille le dieu Dollar
Il hante tous les rêves
Des fous d'ici-bas
Et quand le jour se lève
Il est encor là !

On d'vient marteau, dans leur folie
Les hommes n'ont plus qu'une seule envie
Un suprême désir dans la vie :
De l'or !
S'ils s'écoutaient, par tout le monde
On en sèmerait à la ronde
Au fond de la terre profonde
Encor !
On en nourrirait sans relâche
Les chèvres, les brebis, même les vaches
Afin qu'au lieu de lait elles crachent
De l'or !
De l'or partout, de l'or liquide
De l'or en gaz, de l'or solide
Plein les cerveaux et plein les bides
Encor ! Encor !

Mais sous un ciel de cendre
Vous verrez un soir
Le dieu Dollar descendre
Du haut d'son perchoir
Et devant ses machines
Sans comprendre encor
L'homme crever de famine
Sous des montagnes d'or !

 

+ Douze septembre - ABD Al Malik (2006)

Ok, un peu plus de son dans l'casque ! Ouai comme ça c'est bon.


Refrain :

J'avais déjà un flow de tarés lorsque les tours jumelles se sont effondrées,
j'avais déjà un flow de dingues lorsque les tours jumelles se sont éteintes.


Je fus choqué dans mon intime et je vous jure,
que si j'n'avais pas eu la foi j'aurais eu honte d'être muslim.
Après ça fallait qu'on montre aux yeux du monde,
que nous aussi nous n'étions que des hommes,
que s'il y avait des fous, la majorité d'entre nous ne mélangeait pas, la politique avec la foi.

(Refrain)

Après cela on a tous été pointés du doigt,
ils se sont demandés ptètre qu'ils sont tous comme ça.
Des canons s'mirent à bombarder Bagdad et des corps s'effondrèrent en Espagne.
Nos leaders se mirent à jeindre et la Suisse sur un plateau d'télé face à un homme d'état melangea, la politique avec la foi.

(Refrain)

Je découvris la suspicion, c'est quand un homme à peur et que l'autre en face ne le rassure pas.
C'est quand celui q'on croyait connaître devient soudain,
celui qu'on n'connait pas.
Les Pays-Bas assassinèrent le descendant d'un peintre de renom,
la France continua à dire non.
L'Europe se scinda en deux, les uns et les autres qui n'voulaient pas qu'on confonde, la politique avec la foi.

(Refrain)

J'avais la conviction intime ce septembre 2001 que,
comme avant il n'y aurait plus rien,
et en un sens c'était sublime, le grain disait à Dieu à livrer,
alors une parole de paix et j'allais pouvoir délivrer.
Ainsi tous se reconnaîtraient dans la grande famille de l'humanité qui, naturellement, vicéralement ne confondrais pas,
la politique avec la foi.

(Refrain)

On allait tout déconstruire, déconstruire avec trois D comme, Deleuze, Darrida et Debré.
Ni fondamentalistes ni extrémistes de l'islam ou d'l'a laïcité,
mais là : ça d'vient lourd j'crois.
Trop compliqué en tout cas, et puis moi, je n'mélange pas,
la politique avec la foi.

Et au fait, ce mois là et l'mois qui a suivi, y a eu l'album de Jay-Z : Blueprint, une leçon, et l'premier classique de Wallen : A force de vivre, avec celle qui a dit non,
et l'bouquin d'Jonathan Franzen : Les Corrections,
et moi, moi qui ne f'sais rien qui, qui galerais à la maison, ah si : je changeais les couches de mon fiston.
(Ahahahah)

 

+ Drapeau rouge (Le) - Rosalie Dubois

Paroles de Paul Brousse sur un air populaire suisse - 1877


Les révoltés du Moyen Age
L'ont arboré sur maints beffrois.
emblème éclatant du courage,
Toujours il fit pâlir les rois.
REFRAIN
Le voilà, le voilà, regardez !
Il flotte et fièrement il bouge,
Osez, osez le défier,
Notre superbe drapeau rouge,
Rouge du sang de l'ouvrier (bis)

Puis planté sur les barricades par les héros de février
Il devint pour les camarades
Le drapeau du peuple ouvrier.
Sous la Commune il flotte encore
A la tête des bataillons.
Et chaque barricade arbore
Ses longs plis taillés en haillons.
Noble étendard des prolétaires
Des opprimés soit l'éclaireur
A tous les peuples de la terre
Porte la Paix et le Bonheur

 

+ Du courage - La grande Sophie (2004)

J'en connais qui tournent en rond
Ou qui longent les murs en comptant les saisons
J'en ai vus des dépourvus
Des nouveaux départs qui nous mènent nulle part
Des guerriers à la télé,
Des héros dans ma salle à manger
J'en ai lu des histoires vraies
Mais la question que j'me pose
Sans cesse : Où j'pourrais trouver

Refrain:
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage

Tu vois c'est tellement mieux
Quand on est sûr de soi
Que l'on porte au bout des doigts
De la force et l'espoir
D'aller chercher plus loin en n'ayant peur de rien
De sonner à la porte de l'inconnu sans aucune retenue
Et parler c'est si léger
Mais la question que j'me pose
Sans cesse : Où j'pourrais trouver

au Refrain

Quand je vais dans la forêt
Que les bras m'en tombent comme le Petit Poucet
Des cailloux j'en ai trouvés
Mais la question que j'me pose
Sans cesse : Où j'pourrais trouver

au Refrain

 

+ Elle est facho - Renaud (1986)

Elle revient d'la fête de l'huma, elle est contente, elle a vu Johnny
Elle a rodé de ci de là, dans tous les stands du parti.
Des posters de Che Guevara, l'en a eu sa dose aujourd'hui.

Faut dire qu'elle serait plutôt de l'autre côté du drapeau,
plus CIA que KGB, plus Pinochet qu'Alliende
Faut dire qu'elle est con comme un veau. Elle est facho

Eh ouais les fêtes populaires, après tout c'est pour tout le monde.
C'est pas écrit sur son imper qu'elle adore la bèbète immonde.
Vaux mieux car dans cet univers, elle pourrait bien se faire tondre.

Ca serait dommage, car sa crinière de cheveux blonds elle en est fière,
aryenne jusqu'au fond des yeux, ça détonne dans sa banlieue.
Elle aime aussi sa blanche peau. Elle est facho.

Elle voit partout des bolcheviks, elle imagine des complots,
contre l'ordre, contre les flics, contre l'église et le drapeau.
Elle voue une haine chronique à la télé et aux journaux.

Elle conchie les politiques, les jeunes qui vont à vau-l'eau
et les mœurs pas très catholiques, et les pédés et les bicots.
Elle rêve d'un ordre nouveau. Elle est facho.

Elle a surtout la nostalgie du sabre et du goupillon.
De la nation, de la patrie, débarrassée d'l'immigration.
Dit qu'l'ancien temps était béni, comme disent la plupart des cons.

Regrette le temps des colonies, la peine de mort légalisée,
de l'avortement interdit, et maudit les jeunes filles voilées.
Et elle lit National hebdo. Elle est facho.

J'lui souhaite qu'un jour si elle a un môme, y s'retrouve à 18 balais,
plein d'éducation et d'diplômes, d'idées rebelles, d'humanité.
Et qu'il lui dise, tes vieux discours manquent singulièrement d'amour.

Qu'il rajoute à la triste dame, reste donc le nez dans ta merde.
J'suis amoureux d'une musulmane, j'vote écolo et j'fume de l'herbe.
Espérons qu'ça lui fera la peau. A la facho.

Espérons qu'ça lui fera la peau. A la facho...qui vote Sarko

 

+ Elle n'est pas morte - Serge Utgé & Natacha Ezdra & Bruno Daraquy (2007)

Paroles Eugène Pottier sur l'air de "T'en fait pas Nicole"

On l'a tuée à coup de chassepot
A coups de mitrailleuse
Et roulé avec son drapeau
Dans la terre argileuse
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.
Refrain
Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
Qu'la commune n'est pas morte!
Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
Qu'la commune n'est pas morte!
Comme faucheurs rasant un pré
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes
Et les cent mille assassinats
Voyez c'que ça rapporte.
On a bien fusillé Varlin
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l'aorte.
Il on fait acte de bandits,
Comptant sur le silence!
Achevé les blessés dans leurs lits,
Dans leurs lits d'ambulance,
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte.
Les journalistes policiers
Marchands de calomnies
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d'ignominie.
Les Maximes Du Camp, les Dumas
Ont vomi leurs eaux-fortes.
C'est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes
A l'enterrement de Vallès
Ils étaient tous bêtes
L'fait est qu'on était in fier tas
A lui servir d'escorte!
Bref tous ça prouve aux combattants
Que Marianne a la peau brune
Du chien au ventre, et qu'il est temps
De crier " Vive la Commune"
Et ça prouve à tous les Judas
Qu'si ça marche de la sorte:
Dernier refrain:
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu !
Qu'la commune n'est pas morte !
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu !
Qu'la commune n'est pas morte !

 

+ Émigrant (L') - Charles Aznavour (1958)

Paroles : Charles Aznavour Musique : Marc Heyral "Le feutre taupé" (1958) Édition : Djanik

Toutes les gares se ressemblent
Et tous les ports crèvent d'ennui
Toutes les routes se rassemblent
Pour mener vers l'infini
Dans la cohue de l'existence
Se trouve toujours un passant
Qui n'a pas eu de ligne de chance
Et qui devint un émigrant

Regarde-le comme il promène
Son cœur au-delà des saisons
Il traverse des murs de haine
Des gouffres d'incompréhension
A chaque nouvelle frontière
Espérant enfin se fixer
Il fait une courte prière
Vers ce ciel qui l'a oublié

Regarde-le, il déambule
Sans jamais savoir ou il va
Il marche comme un somnambule
Et les gens le montrent du doigt
Le monde entier file la haine
Le ciel là-haut n'y comprend rien
Les heureux forment une chaîne
En se tenant par la main
Pas moyen d'enter dans la danse
Le calendrier a son clan
Si tu n'a pas de ligne de chance
Tu resteras un émigrant

Regarde-le comme il promène
Son cœur au-delà des saisons
Il traverse des murs de haine
Des gouffres d'incompréhension
A chaque nouvelle frontière

Esp érant enfin se fixer
Il fait une courte prière
Vers ce ciel qui l'a oublié

Regarde-le, il déambule
Sans jamais savoir ou il va
Il marche comme un somnambule
Et les gens le montrent du doigt
Mais pour écouter sa misère

 

+ Enfant et l'avion (L') - Serge Reggiani (1969)

Là-bas
Comment ça s'dit
Jeudi
Dans ce jardin
Je n'en sais rien
Enfin
Jeudi, là-bas
Dans un trou
Entre les fleurs cassées
Dans un trou
Que s'est-il passé
S'amuse tout seul
Tout seul
Un petit enfant marrant
T'as vu l'avion c'est drôle
Où est passée la maison
Il pleut, il pleut bergère
Ils sont bien cachés mes frères
La la laire
Je vais les chercher mes frères
C'est drôle
T'as vu l'avion?
Là-bas
Comment ça fait
L'avion
Quand ça revient
Je n'en sais rien
Enfin
L'avion là-bas
Dans un trou
Comme un jouet perdu
Dans un trou
Et tout de rien vêtu
S'amuse tout seul
Tout seul
Un petit enfant marrant
T'as vu l'avion c'est drôle
Il revient comme un oiseau
Où sont passées les oiseaux
La laire
Je les ai trouvés mes frères
La la laire
Ils sont cachés sous les pierres
C'est drôle
T'as vu l'av...

 

+ En groupe en ligue en procession - Jean Ferrat (1966)

En groupe en ligue en procession
En bannière en slip en veston
Il est temps que je le confesse
A pied à cheval et en voiture
Avec des gros des p'tits des durs
Je suis de ceux qui manifestent
Avec leurs gueules de travers
Leurs fins de mois qui sonnent clair
Les uns me trouvent tous les vices
Avec leur teint calamiteux
Leurs fins de mois qui sonnent creux
D'autres trouvent que c'est justice

Je suis de ceux que l'on fait taire
Au nom des libertés dans l'air
Une sorte d'amoraliste
Le fossoyeur de nos affaires
Le Déroulède de l'arrière
Le plus complet des défaitistes
L'empêcheur de tuer en rond
Perdant avec satisfaction
Vingt ans de guerres colonialistes
La petite voix qui dit non
Dès qu'on lui pose une question
Quand elle vient d'un parachutiste

En groupe en ligue en procession
Depuis deux cents générations
Si j'ai souvent commis des fautes
Qu'on me donne tort ou raison
De grèves en révolutions
Je n'ai fait que penser aux autres
Pareil à tous ces compagnons
Qui de Charonne à la Nation
En ont vu défiler parole
Des pèlerines et des bâtons
Sans jamais rater l'occasion
De se faire casser la gueule

En groupe en ligue en procession
Et puis tout seul à l'occasion
J'en ferai la preuve par quatre
S'il m'arrive Marie-Jésus
D'en avoir vraiment plein le cul
Je continuerai de me battre
On peut me dire sans rémission
Qu'en groupe en ligue en procession
On a l'intelligence bête
Je n'ai qu'une consolation
C'est qu'on peut être seul et con
Et que dans ce cas on le reste

 

+ Et si en plus y'a personne - Alain Souchon (2005)

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Tant de processions, tant de têtes inclinées
Tant de capuchons tant de peur souhaitées
Tant de démagogues de Temples de Synagogues
Tant de mains pressées, de prières empressées

Tant d'angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Y'a personne

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Il y a tant de torpeurs
De musiques antalgiques
Tant d'anti-douleurs dans ces jolis cantiques
Il y a tant de questions et tant de mystères
Tant de compassions et tant de révolvers

Tant d'angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Y'a personne

Arour hachem, Inch Allah
Are Krishhna, Alléluia

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Si toutes les balles traçantes
Toutes les armes de poing
Toutes les femmes ignorantes
Ces enfants orphelins
Si ces vies qui chavirent
Ces yeux mouillés
Ce n'était que le vieux plaisir
De zigouiller

Et l'angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Y'a personne

Et l'angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Y'a personne

 

+ Fait divers - Téléphone (1980)

Elle avait à peine avalé ses quinze ans
Qui d'ailleurs lui restaient coincés dedans
Elle avait grandi arrosée par l'argent
On pousse vite chez ce genre de gens

Elle s'appelait Fait Divers
une fleur fanée en plein hiver
Oh les dents sont plus dures que la chair
Tu sais ici ont n'aime que la pierre

Oh oh oh
Oh oh oh sauve toi

Elle avait les manières du grand monde
Devant sa télé fait le tour du monde
Mais son univers était un petit monde
Où se battaient tous les chagrins du monde

Elle causait plus à ses parents, non
Depuis une sombre histoire d'amant
Son père gueulait à sa mère " Tu
mens ! "
Pendant qu'eux s'cognaient fort elle criait " Maman ! "

Elle s'appelait Fait Divers
Dieu que cette fille était solitaire
Oh, les dents sont plus dures que la chair
Tu sais ici on n'aime que la pierre

Elle avait à peine avalé ses quinze ans
qui d'ailleurs lui restaient coincés dedans
Qu'elle avala une boite de tranquillisants
Juste histoire de tuer le temps
Et en suivant son enterrement
Les gens ne comprenaient pas vraiment
Qu'ils avaient tué cet enfant
Au fond d'eux enterré depuis longtemps

Tuer l'enfant, tu es l'enfant
Tuer l'enfant qu'on a dedans
C'est ça l'auto-avortement
Reste le môme perdu comme avant
Dans le ventre d'un bon moment

 

+ Fais pas ci, fais pas ça - Jacques Dutronc (1968)

Fais pas ci, fais pas ça
Viens ici, mets toi là
Attention prends pas froid
Ou sinon gare à toi
Mange ta soupe, allez, brosse toi les dents
Touche pas ça, fais dodo
Dis papa, dis maman
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Mets pas tes doigts dans le nez
Tu suces encore ton pouce
Qu'est-ce que t'as renversé
Ferme les yeux ouvre la bouche
Mange pas tes ongles vilain
Va te laver les mains
Ne traverse pas la rue
Sinon panpan cucul
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Laisse ton père travailler
Viens donc faire la vaisselle
Arrête de t'chamailler
Réponds quand on t'appelle
Sois poli dis merci
A la dame laisse ta place
C'est l'heure d'aller au lit
Faut pas rater la classe
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Tu me fatigues je n'en peux plus
Dis bonjour dis bonsoir
Ne cours pas dans le couloir
Sinon panpan cucul
Fais pas ci fais pas ça
Viens ici ôte toi de là
Prends la porte sors d'ici
Écoute ce qu'on te dis
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Tête de mule tête de bois
Tu vas recevoir une beigne
Qu'est-ce que t'as fait de mon peigne
Je ne le dirai pas deux fois
Tu n'es qu'un bon à rien
Je le dis pour ton bien
Si tu ne fais rien de meilleur
Tu seras balayeur
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Vous en faites pas les gars
Vous en faites pas les gars
Moi aussi on m'a dit ça
Fais pas ci fais pas ça
Fais pas ci fais pas ça
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là
La la la la la la la la la la...

 

+ Femme est l'avenir de l'homme (La) - Jean-Ferrat (1976)

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

 

+ Flamingants (Les) - Jacques Brel (1977)

Les Flamingants, chanson comique !

Messieurs les Flamingants, j'ai deux mots à vous rire
Il y a trop longtemps que vous me faites frire
A vous souffler dans l’cul, pour dev’nir autobus
Vous voilà acrobates mais vraiment rien de plus
Nazis durant les guerres et catholiques, entre elles
Vous oscillez sans cesse du fusil au missel
Vos regards sont lointains, votre humour est exsangue
Bien qu'il y ait des rues à Gand qui pissent dans les deux langues
Tu vois, quand j’pense à vous, j'aime que rien ne se perde
Messieurs les Flamingants, je vous emmerde

Vous salissez la Flandre, mais la Flandre vous juge
Voyez la mer du Nord, elle s'est enfuie de Bruges
Cessez de me gonfler mes vieilles roubignoles
Avec votre art flamand italo-espagnol
Vous êtes tellement, tellement beaucoup trop lourds
Que quand les soirs d'orage, des Chinois cultivés
Me demandent d'où je suis, je réponds fatigué
Et les larmes aux dents : "Ik ben van Luxembourg"
Et si, aux jeunes femmes, on ose un chant flamand
Elles s'envolent en rêvant aux oiseaux roses et blancs

Et je vous interdis d'espérer que jamais
A Londres, sous la pluie, on puisse vous croire anglais
Et je vous interdis, à New York ou Milan
D'éructer, messeigneurs, autrement qu'en flamand
Vous n'aurez pas l'air con, vraiment pas con du tout
Et moi, je m'interdis de dire que je m'en fous
Et je vous interdis d'obliger nos enfants
Qui ne vous ont rien fait, à aboyer flamand
Et si mes frères se taisent et bien tant pis pour elles
Je chante, persiste et signe, je m'appelle : Jacques Brel

 

+ Forcément - Julien Clerc (2008)

Paroles : Gérard Duguet-Grasser Musique : Julien Clerc (2008) "Où s'en vont les avions"© Virgin
Participation de Gérard Duguet-Grasser (voix parlée)

Parlé:
Quand une femme entre en prison, on lui fait prendre un bain
dans du désinfectant pendant une demi-heure, on la rince,
elle voit le docteur, on la vaccine, on l'enferme... et elle attend

Elle a ouvert la porte du taxi
Elle se glisse sur la banquette arrière
Elle donne l'adresse d'un hôtel
En dehors de la ville
Elle défait son foulard
Le chauffeur a d'mandé
Si elle connaissait quelqu'un là-bas

"Je ne connais personne" elle a dit
Et puis, le motel, la porte derrière elle
Et puis, elle collerait son nez
À la vitre à attendre
Puis, elle court vers le lit
Décroche le téléphone
Tourne le dos à la fenêtre

Refrain:
Et toi, tu imagines les mots
Forcément des "je t'aime"
Des "je t'aime" forcément

Elle retourne se coller à la vitre
Et puis, elle croise les mains sur elle
Et encore une fois, un déluge
S'abat sur un parking
Au-dessus du motel
Les nuages s'amoncellent
Comme s'ils allaient rester là

Elle regarde fixement dans la pluie
Et d'un petit mouvement d'épaules
Chasse un fantôme
Et puis, elle tire les rideaux
Et déjà la nuit tombe là-bas à l'horizon
Le ciel s'est teinté de rose

au Refrain, x2

Parlé:
Quand une femme sort de prison, elle attend.
Mary Kay Letourneau a fait sept ans dans le centre de détention pour
femmes de l'état de Washington pour détournement de mineur,
viol aggravé et parjure. Aujourd'hui elle est mariée à sa victime et
ils ont deux enfants.

Et toi, tu imagines les mots
Forcément des "je t'aime"
Des "je t'aime" forcément

 

+ Foule sentimentale - Alain Souchon (1993)

Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités d'choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d'idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

 

+ Giroflé, Girofla - Yves Montand (1955)

Que tu as de beaux champs d'orge ! Giroflé - girofla
Ton verger de fruits regorge :
le bon temps est là...
Entends - tu ronfler la forge ? Giroflé - girofla
L'canon les fauchera ,l'cannon les fauchera !

Que tu as la maison douce ! Giroflé - girofla
L'ombre y dort ,la fleur y pousse ,
l' bonheur y viendra...
Voit la lune qui devient rousse... Giroflé - girofla
L'avion la brûlera ,l'avion la brûlera !

Que tu as de belles filles ! Giroflé - girofla
Dans leurs yeux ,où le soleil brille ,
l'amour descendra...
Sur la plaine on se fusille... Giroflé - girofla
L'soldat les violera ,l'soldat les violera !

Que tes fils sont forts et tendres ! Giroflé - girofla
C'est plaisir de les entendre :
à qui chantera !
Dans huit jours on vients les prendre... Giroflé - girofla
L'corbeau les mangera ,l'corbeau les mangera !

Tant qu'y aura des militaires , Giroflé - girofla,
soit ton fils ,soit le mien,
on n'verra par toute la terre
jamais rien de bien...
On t'tuera pour te faire taire,
par derrière comme un chien...
Et tout ça pour rien !
Et tout ça pour rien !

 

+ Gorille (Le) - Georges Brassens (1952)

C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose
Qu'on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...

L'patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon !"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !...

"Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui sera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !...

 

+ Grève des mères (La) - Montébus

Paroles de Georges Montéhus.
Musique de R. Chantegrelet et P. Doubis - 1905

Puisque le feu et la mitraille,
Puisque les fusils, les canons,
Font dans le monde des entailles
Couvrant de morts plaines et vallons.
Puisque les hommes sont des sauvages
Qui riaient le Dieu Fraternité
Femme de cœur, femme à l'ouvrage
Il faut sauver l'Humanité
(REFRAIN)
Pour faire de ton fils un homme
Tu as peiné pendant vingt ans
Tandis que la gueuse en assomme,
En vingt second's, des régiments,
L'enfant qui fut ton espérance,
L'être qui fut nourri de ton sein
Meurt dans une horrible souffrance,
Te laissant vieill', souvent sans pain.

(REFRAIN)
Est-ce que le ciel a des frontières ?
Ne couvre-t-il pas l'monde entier ?
Pourquoi sut terre des barrières ?
Pourquoi d'éternels crucifiés ?
Le meurtre n'est pas un'victoire,
Qui sème la mort est un maudit ;
Nous n'voulons plus pour notre gloire
Donner la chair de nos petits.
(REFRAIN)
REFRAIN :

Refuse de peupler la terre
Arrête ta fécondité
Déclare la grève des mères
Aux bourreaux crie ta volonté !
Défends ta chair, défends ton sang,
A bas la guerre et les tyrans !

 

+ Gros blond - Louis Chedid (1988)

Paroles et Musique: Louis Chedid – Bizar (1988)

J'regarde le gros blond à la télé
Faire son ciné,
Tout cravaté, tout oxygéné
A l'heure de vérité,
De dire toutes les conneries dont il a le secret
Presque aussi grosses que lui, ça le fait transpirer.
Chômage, famille, patrie, immigrés,
Toujours la même chanson, refrain-couplet.

Touche pas à mon pote ou la France aux Français,
Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es.
Touche pas à mon pote ou la France aux Français,
Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es.

Année 88, année politique,
Année 88, année critique,
Ouverture de la kermesse,
Démago-blablabla,
A chacun son slogan,
Alors pourquoi pas moi ?

Touche pas à mon pote ou la France aux Français,
Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es.
Touche pas à mon pote ou la France aux Français,
Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es.

 

+ Héxagone - Renaud (1975)

ls s'embrassent au mois de Janvier,
Car une nouvelle année commence,
Mais depuis des éternités
L'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue,
La mentalité est la même :
Tous des tocards, tous des faux culs.

Ils sont pas lourds, en février,
À se souvenir de Charonne,
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne,
La France est un pays de flics,
À tous les coins d'rue y'en a 100,
Pour faire règner l'ordre public
Ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
De l'autr' côté des Pyrénées,
Un arnachiste du Pays basque,
Pour lui apprendre à s'révolter,
Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
De cette immonde mise à mort,
Mais ils oublient qu'la guillotine
Chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
Et le roi des cons, sur son trône,
J'parierai pas qu'il est all'mand.

On leur a dit, au mois d'avril,
À la télé, dans les journaux,
De pas se découvrir d'un fil,
Que l'printemps c'était pour bientôt,
Les vieux principes du seizième siècle,
Et les vieilles traditions débiles,
Ils les appliquent tous à la lettre,
Y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
D'un sang qui coula rouge et noir,
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'Histoire,
J'me souviens surtout d'ces moutons,
Effrayés par la Liberté,
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
Un débarquement d'Normandie,
Ils pensent au brave soldat ricain
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
Ils oublient qu'à l'abri des bombes,
Les Francais criaient "Vive Pétain",
Qu'ils étaient bien planqués à Londres,
Qu'y'avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas la gloire, en vérité,
Et le roi des cons, sur son trône,
Me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
En souv'nir d'une révolution,
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation,
Ils s'abreuvent de bals populaires,
D'feux d'artifice et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
Après une longue année d'usine,
Ils crient : "Vive les congés payés",
Ils oublient un peu la machine,
En Espagne, en Grèce ou en France,
Ils vont polluer toutes les plages,
Et par leur unique présence,
Abimer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
Un peuple et une liberté,
Au coeur de l'Amérique latine,
Ils sont pas nombreux à gueuler,
Un ambassadeur se ramène,
Bras ouverts il est accueilli,
Le fascisme c'est la gangrène
À Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est vraiment pas une sinécure,
Et le roi des cons, sur son trône,
Il est francais, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
Le raisin fermente en tonneaux,
Ils sont très fiers de leurs vignobles,
Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
Ils exportent le sang de la terre
Un peu partout à l'étranger,
Leur pinard et leur camenbert
C'est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
Ils vont admirer par milliers
L'dernier modèle de chez Peugeot,
Qu'ils pourront jamais se payer,
La bagnole, la télé, l'tiercé,
C'est l'opium du peuple de France,
Lui supprimer c'est le tuer,
C'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y'a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon;
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Si l'roi des cons perdait son trône,
Y'aurait 50 millions de prétendants.

 

+ Histoire de Bernard (Workers) - Charlelie Couture (1986)

Il travaillait dans une usine
Il faisait toujours chaud
A cause des machines
Et puis des hauts-fourneaux.

Sa chemise collée à la peau
Et la gorge trop sèche
Il attendait la sirène
Comme une remise de peine.

On s'retrouvait en face
Au bar d'Obélix
Un ancien rugbyman
Qui nous rendait service

On sentait dans l'air lourd
Une électricité
Un danger en instance
Un truc irrévocable.

Les gars parlaient du syndicat
Ou des matches de football
Ou bien ils parlaient de leur famille
Et des projets d'vacances

Quand ils parlaient des femmes
J'entendais leurs rires énormes
Qui découpaient l'atmosphère
Enfumée de Gauloises.

On cassait nos verres
Sur le bord du comptoir
Quand on étaient trop soûls
Pour savoir pourquoi on était là
Ça finissait en bagarre
Dans la rue ou avec un Arabe
Mais ça sentait le désepoir
Au fond de leurs regards.

(pont)

Quand l'usine a fermé
Les gars sont repartis ailleurs
Ils n'avaient pas le choix
Fallait r'mettre les pendules à l'heure
Le pays changeait de couleurs
Il fallait tout recommencer
Comme des oiseaux migrateurs
Laisser des plumes sur le bitume.

Sacrifier l'habitude
Et changer de métier
Reprendre des études
Ou bien se débrouiller

il s'est retrouvé employé
Chez un marbrier
Il dit j'risque pas d'manquer d'boulot au moins
Y'aura toujours des âmes à enterrer.
(bis)

Y'aura toujours des âmes à enterrer.

 

+ Idéal - Trust (1983)

L'appel du cri l'appel de cœur
Consigné tu ne seras pas déserteur
Hé ! Chômeur on embauche sur les champs de pagaille
Les bonhommes ne seront pas de paille
Il faut sauver le fils du pont de la rivière Kwai
L'appel du cri, l'appel du silence
Réponds vite, ils vont perdre patience
Méfie-toi quand en haut les sourires sont de connivence

[Refrain] :
Profite de la guerre car la paix sera terrible
Quel effet cela fait de servir de cible
Profite de la guerre car la paix sera terrible
Mercenaire aux mains sales, à la recherche d'idéal

Je ne vais pas vous parler de fleurs
Quand les gens faussent le jeu, acceptent la peur
Agresseur agresse, sourire ou se révolter
Crapahuter, hurler, pleurer ou marcher au pas
En tirant sur qui ou je ne sait quoi
Donner c'est donner, reprendre c'est violer

Pauvres humains aux pieds bien sur terre
Pour qui la violence est toujours nécessaire

[Refrain]

Idéal Idéal Idéal

Tu veut être un héros, pas un laid mais un beau
Tu veux être un héros sans peur et sans reproche
Tu veux être respecté toi et ton passé qui te sert de vide poche

Millions de héros harnachés d'armes et de haine
Comme le héros d'en face ça n'en vaut pas la peine

Tu tueras d'autres hommes peu importe la façon
Couvert d'honneurs, de pleurs, de décorations
Car tu auras bien tué et plus que le voisin
Ton retour au pays qui t'as forcé la main
Les circonstances t'accusent et te condamnent
Béni des Dieux de Hommes, paix à ton âme

[Refrain]

 

+ Illegal allien (Etranger irrégulier) - Genesis (1983)

Illegal Alien (Étranger irrégulier) "Mama" (1983)
 
Got out of bed, wasn't feeling too good   
Je m'échappais du lit, je me sentais pas très bien
With my wallet and my passport, a new pair of shoes   
Avec mon porte-feuille et mon passeport, une nouvelle paire de chaussures
The sun is shining so I head for the park,   
Le soleil brille alors je me mets en route vers le parc,
With a bottle of Tequila, and a new pack of cigarettes   
Avec une bouteille de Tequila, et un nouveau paquet de cigarettes
 
I got a cousin and she got a friend,   
J'avais une cousine qui avait un ami,
Who thought that her aunt knew a man who could help   
Qui pensait que sa tante connaissait un homme qui pourrait m'aider
At his apartment I knocked on the door,   
Je frappais à la porte de son appartement,
He wouldn't come out until he got paid.   
Il voulait pas sortir avant d'être payé.
Now don't tell anybody what I wanna do   
Maintenant raconte à personne ce que je voulais faire
If they find out you know that they'll never let me through.   
S'ils découvrent que tu sais ça ils ne me laisseront jamais passer.
 
It's no fun being an illegal alien   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's no fun being an illegal alien   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
 
Down at the office had to fill out the forms   
En bas au bureau je devais remplir des formulaires
A pink one, a red one, the colours you choose,   
Un rose, un rouge, toutes les couleurs vous voudrez
Up to the counter to see what they think   
Puis remonter au comptoir pour voir ce qu'ils en pensent
They said 'It doesn't count man, it ain't written in ink'.   
Ils disaient : "ça ne compte pas mec, c'est pas écrit avec de l'encre".
Don't trust anybody least not around here, cos   
Ne fais confiance à personne dans les alentours, parce que
 
It's not fun being and illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's not fun being and illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's not fun being and illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's not fun being and illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
An illegal alien, O. K.   
Un étranger sans papier, O. K
 
Consideration for your fellow man   
Un peu de considération pour ton copain
Wouldn't hurt anybody, sure fits in with my plan   
Ne ferait de mal à personne, des ajustements qui sont sûrs dans mon plan
Over the border, there lies the promised land   
Au-delà de la frontière, c'est là que se trouve la Terre promise
 
So don't tell anybody what I wanna do   
Donc ne raconte à personne ce que je voulais faire
If they find out you know that they'll never let me through.   
S'ils découvrent que tu sais ça ils ne me laisseront jamais passer.
 
It's no fun being an illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's no fun being an illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's no fun being an illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier
It's no fun being an illegal alien,   
C'est pas drôle d'être un étranger sans papier

 

+ Imagine - John Lennon (1971)

Imagine there's no heaven
Imagine qu'il n'y ait pas de Paradis.
It's easy if you try
C'est facile si tu essaies.
No hell below us
Aucun enfer sous nos pieds.
Above us only sky
Au dessus de nous uniquement le ciel.
Imagine all the people
Imagine tout le monde,
Living for today...
Vivre l'instant présent...
Imagine there's no countries
Imagine qu'il n'y ait plus de pays.
It isn't hard to do
Ce n'est pas dur à faire.
Nothing to kill or die for
Plus aucune raison de tuer ou de mourir.
And no religon too
Et pas de religion non plus.
Imagine all the people
Imagine tout le monde,
Living life in peace...
Vivant leur vie paisiblement...
Imagine no possesions
Imagine aucune possession.
I wonder if you can
Je me demande si tu en es capable.
No need for greed or hunger
Nul besoin de cupidité ou de faim.
In a brotherhood of man
Dans une fraternité,
Imagine all the people
Imagine les gens,
Sharing all the world...
Se partageant le monde entier...
You may say i'm a dreamer
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But i'm not the only one
Mais je ne suis pas le seul.
I hope some day you'll join us
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras.
And the world will be as one
Et que le monde sera uni.

 

+ Il ne rentre pas ce soir - Eddy Mitchell (1978)

Il écrase sa cigarette
Puis repousse le cendrier,
Se dirige vers les toilettes,
La démarche mal assurée.
Il revient régler ses bières,
Le sandwich et son café.
Il ne rentre pas ce soir.

Le grand chef du personnel
L'a convoqué à midi :
"J'ai une mauvaise nouvelle.
Vous finissez vendredi.
Une multinationale
S'est offert notre société.
Vous êtes dépassé
Et, du fait, vous êtes remercié."
Il n'y a plus d'espoir, plus d'espoir.
Il ne rentre pas ce soir.
Il s'en va de bar en bar.
Il n'y a plus d'espoir, plus d'espoir.
Il ne rentre pas ce soir.

Il se décide à traîner
Car il a peur d'annoncer
A sa femme et son banquier
La sinistre vérité.
Etre chômeur à son âge,
C'est pire qu'un mari trompé.
Il ne rentre pas ce soir.

Fini le golf et le bridge
Les vacances à St Tropez,
L'éducation des enfants
Dans la grande école privée.
Il pleure sur lui, se prend
Pour un travailleur immigré.
Il se sent dépassé
Et, du fait, il est remercié.
Il n'a plus d'espoir, plus d'espoir.
Il ne rentre pas ce soir.
Il s'en va de bar en bar.
Il n'a plus d'espoir, plus d'espoir.
Il ne rentre pas ce soir.

 

+ Important c'est la rose (L') - Gilbert Bécaud (1967)

Toi qui marches dans le vent
Seul dans la trop grande ville
Avec le cafard tranquille du passant
Toi qu'elle a laissé tomber
Pour courir vers d'autres lunes
Pour courir d'autres fortunes
L'important...

L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
Crois-moi

Toi qui cherches quelque argent
Pour te boucler la semaine
Dans la ville tu promènes ton ballant
Cascadeur, soleil couchant
Tu passes devant les banques
Si tu n'es que saltimbanque
L'important...

L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
Crois-moi

Toi, petit, que tes parents
Ont laissé seul sur la terre
Petit oiseau sans lumière, sans printemps
Dans ta veste de drap blanc
Il fait froid comme en Bohème
T'as le cœur comme en carême
Et pourtant...

L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
Crois-moi

Toi pour qui, donnant-donnant
J'ai chanté ces quelques lignes
Comme pour te faire un signe en passant
Dis à ton tour maintenant
Que la vie n'a d'importance
Que par une fleur qui danse
Sur le temps...

L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
L'important c'est la rose
Crois-moi

 

+ Indien (L') - Gilbert Bécaud (1973)

Paroles : Maurice Vidalin  Musique : Gilbert Bécaud (1973)

Le premier grand chef de ma tribu
S'appelait "Aigle Noir"
Guerre après guerre, les Blancs se sont installés
Et ont changé jusqu'aux noms des hommes
C'est ainsi que dans notre petit village
Nous avons eu George Washington, Aigle Noir
Franklin Delanoe Roosevelt, Aigle Noir
John Fitzgerald Kennedy, Aigle Noir
Mais moi je m'appelle Aigle Noir
Et mon fils s'appellera Aigle Noir
Notre petit village s'appelait Yucatapa
Yucatapa, l'île verte
Ils en ont fait New York
Mais moi j'habite à Yucatapa
En plein milieu de leur New York

Indiens mes frères
Indiens mes frères
Ils ont souillé
Nos femmes et nos rivières
Nos femmes et nos rivières
Ils ont noyé nos terres
Ils ont noyé nos terres
Ils ont brûlé nos dieux
Indiens mes frères
Indiens mes frères
Ils ont gagné

Et moi, ils ne m'ont pas attaché
Avec leur chaîne d'or et leur chaîne d'acier
Et quelquefois je rêve
Je rêve que je vole au-dessus de la ville pourrie
Et je revois Yucatapa l'île verte
Et de cette île verte
Montent des fumées
Alors je redescends tousser avec les autres
Et je marche
Je marche dans Broadway
Qui serpente comme un sentier de guerre
Dessous chaque pavé, il y a une hache de guerre
Qui attend
Et quelquefois je sens un arc dans mes mains
Et je vise le haut d'un building
Monsieur Rockefeller, ma flèche
Et monsieur Rockefeller tombe du haut de son empire
Ma flèche dans son œil
L'œil crevé de monsieur Rockefeller
Qui tombe et retombe

Indiens mes frères
Indiens mes frères
Ils ont souillé
Nos femmes et nos rivières
Nos femmes et nos rivières
Ils ont brûlé nos terres
Ils ont brûlé nos terres
Ils ont brûlé nos dieux
Indiens mes frères
Indiens mes frères
Ils ont gagné

Et voilà, je suis au milieu de la prairie
De mon grand-père
La prairie de mon grand-père
Qu'ils ont appelée "Time Square"
Et qui est grasse de pétrole et de rouge à lèvres
Là où couraient les chevaux
Personne ne me regarde
Personne ne me voit
Je suis indien, je n'existe pas
On ne respecte pas un Indien sans ses plumes
Et pourtant, ils sont chez nous mes frères
Ils sont chez moi mes frères
A Yucatapa, à Yucatapa

Indiens mes frères
Indiens mes frères ils ont souillé
Indiens mes frères
Indiens mes frères ils ont gagné

 

+ Internationale (L') - Les Sans-Culottes

Paroles d'Eugène Pottier
Musique de Pierre de Geyter (1848-1932), chansonnier ouvrier. Datée de 1871 mais publiée en 1887.

Debout ! Les damnés de la terre !
Debout les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C'est l'éruption de la faim !
Du passé faisons table rase.
Foule esclave, Debout ! Debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !
REFRAIN
C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain (bis)

Il n'est pas de sauveur suprême ;
Ni Diei, ni César, ni tribuns,
Producteur, sauvons nous nous mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge.
Pour tirer l'esprit du cachot.
Soufflons nous mêmes notre forge.
Battons le fer quand il est chaud !
L'état opprime et la loi triche ;
L'impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s'impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C'est assez languir en tutelle,
L'égalité veut d'autres lois
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu'il a créé s'est fondu,
En décrétant que l'on lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.
Les rois nous saoulaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l'air et rompons les rangs !
S'ils s'obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux !
Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n'appartient qu'aux hommes
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours.

 

+ J'aime un pays - Kent (1990)

J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé, toute en détours
Baignée d'insouciance et sourire en fleur,
Mais j'ai comme un haut-le-cœur...

J'aime un pays qui a le PAF tout ramolli
Dans ce pays, il y avait des chanteurs pour l'Arménie
Mais il y a surtout un paquet de béni-oui-oui
Et quand ça chie, on n'est pas beaucoup dans le maquis.

J'aime un pays pour la liberté d'expression
A condition que ça puisse rapporter des ronds
Tout est permis, de Charles Pasqua à Bernard Tapie
Aussi tant pis pour ceux qui croient à tout ce qu'ils disent.

J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé, toute en détours
Baignée d'insouciance et sourire en fleur,
Mais j'ai comme un haut-le-cœur...

J'aime un pays où tout le monde a la parole
Surtout les jeunes qui aiment bien le rock n' roll
Celui qui brille, celui qui mousse et fait des bulles
Belle jeunesse, qui rit quand on l'encule.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature
Je dis tout ça pour faire le malin, ça c'est sûr
Tant pis pour moi si après ça on est en brouille
Mais mon amour, tu sauras qu'au moins j'ai les boules.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature...

 

+ J'ai pas vécu - Henri Tachan (1981)

Belles familles que j'entends
Dire qu'il faut mettre vos enfants
Dans des collèges religieux
Pour qu'ils travaillent beaucoup mieux,

Regardez-moi là, bien en face,
Moi le rescapé de ces rapaces,
Moi qui plus de trente ans après
Bouffe et rebouffe du curé!

J'ai pas vécu... J'ai pas vécu !

Quand nous étions à la chapelle,
Si la musique me semblait belle,
Je trouvais leurs paroles d'Évangile
Archi totalement débiles.

A sept heures trente chaque matin
C'était la messe et j'avais faim,
Chaque matin dans les vitraux
J'voyais des chocolats bien chauds

J'ai pas vécu... J'ai pas vécu !

Toutes les nuits dans le dortoir,
Les mains sur les draps dans le noir
J'agitais des pensées vénales
Guetté par l'abbé-la-pédale.

Le Mystère de l'Incarnation
Me faisait gonfler le pantalon
Faut dire que la Vierge Marie
Fut la seule femme que je vis.

J'ai pas vecu... J'ai pas vécu!

Il y avait bien mad'moiselle Bure,
L'Alsace au milieu d'la figure,
La règle en fer que je te cogne
Et que je te jouis sur les pognes.

Pardon, j'oubliais l'infirmière,
Pauvrette au regard de travers,
Dans ma cuisse j'ai planté une lame
Rien que pour sentir des doigts de femme!

J'ai pas vécu...
J'ai pas vécu!
Lorsque tu sors de cet endroit
Vois-tu, tu marches beaucoup moins droit,
Pitié pour les petits bossus
De votre religion d'mon cul!

A la première jupe entrevue
Je titube comme Si j'ai bu,
C'est vrai que les jupons, c'est normal,
Tous ces curés les portaient mal

J'ai pas vécu... J'ai pas vécu !

Et aujourd'hui que je suis grand
J'ai tant à rattraper, j'ai tant
Manqué de tendresse et de femmes,
Tant pris de coups, de bleus à l'âme,

Qu'à quarante et quelques années
J'ai comme l'impression que j'suis pas né,
Qu'on a saccagé mes quinze ans,
J'ai comme l'impression simplement

Que j'ai pas vécu... Que j'ai pas vécu!

 

+ Jaurès - Jacques Brel (1977)

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps de souffle d'un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

+ J'en ai marre - Alexie Lorca - Mistinguett

De tout l'temps me taire
J'en ai plein l'dos
Il faut qu'ça sorte
J'suis lasse d'encaisser
Sans dire un mot
Tout c'que j'supporte

Je sais bien qu'c'est idiot
De se rebiffer, j'en conviens,
C'est pas ça qui m'f'ra bouffer
Ca n'fait rien,
Je sens qu'ça finit par m'étouffer
J'ai fait tout c'que j'ai pu
A la fin, j'en peux plus

Toujours au turbin
Du soir au matin
Moi j'en ai marre !
De toujours manger
D'la vache enragée
Moi j'en ai marre !

Se dire que ma peine,
J'la traîne fourbue
Jusqu'à ç'que je crève
Sans rêve, sans but,
N'avoir pour toilettes
Que celles que l'on jette
Moi j'en ai marre !
N'avoir pour croquenots
Que ceux qui prennent l'eau
Moi j'en ai marre !

Si c'est ça la vie
Eh bien, je vous l'déclare
Sans être socialo
C'est pas rigolo
Et moi j'en ai marre !
Toujours au turbin
Du soir au matin
Moi j'en ai marre !
Vivre nuit et jour
Sans un peu d'amour
Moi j'en ai marre !
En fait de tendresses,
De caresses, je n'ai rien
Que celles que, si bonnes,
Me donne mon chien

Recevoir des beignes
Sans qu'personne me plaigne
Moi j'en ai marre !
Voir quand on m'approche
Que les gens m'trouvent moche
Moi j'en ai marre !
Si c'est ça la vie
Eh bien, je vous l' déclare
Sans être socialo
C'est pas rigolo
Et moi j'en ai marre !

 

+ Jeune de banlieue - Disiz la peste (2006)

Refrain
Je suis un jeune de banlieue
Un jeune de banlieue, un jeune de banlieue
La la la la la la la la
La la la la

Ancienn'ment Disiz la Peste
J'ai souvent la pêche, tout l'temps la banane
Un sourire au milieu du faciès
Je viens d'un tiéqs
Les coups durs, je les encaisse, t'inquiète
Je fais ma quête, je ne cesse de relever la tête
Pour ce texte, franch'ment
J'vais pas faire des jolies phases ni des jolies phrases
Je veux juste que tu saches
C'est que si je suis sage et que mon message
C'est la paix, l'amour, la foi
De ces trois mots je suis otage
J'ai l'syndrome de Stockholm
Je me dois en tant qu'homme
De rester fort et dur même si la vie déconne
J'ai des sous, c'est vrai, mais j'ai aussi des soucis
Écoute mon album du bled, tu verras qui j'suis
C'qui m'inspire, c'est les films et les livres
Notamment Gloria, l'Alchimiste et l'Esquive
J'étais qu'un jeune de banlieue
Maintenant je vends des disques et des films
Mais j'suis toujours un jeune de banlieue
A leur yeux, tout ceux qui m'parlent avec condescendance
Qui croient faire des blagues toutes péraves, on n'a pas le même sens
Ni de l'humour, ni de l'amour et pour la France
Peu importe ce que je f'rai, à jamais dans sa conscience

J's'rai qu'un jeune de banlieue
Refrain ×2

J'ai beau me cultiver, mes attitudes me trahissent
On sait que je viens d'ici, donc on m'écarte de la liste
Ils me catégorisent, sur mon milieu théorisent
Mais je pars en quête de la terre promise comme Moïse
Au début, j'essayais de camoufler mon accent banlieusard
Mais quand j'm'entendait parler, je trouvais ça bizarre
Est-ce que l'Auvergnat a honte de son environnement ?
Alors pourquoi devrais-je avoir honte de mon bâtiment ?
Pourquoi les artistes de chez nous n'ont pas leur part entière
Est-ce que Jamel aura le même rôle sa vie entière ?
J'aime pas m'faire du fric sur la misère
Mais j'te jure qu'mes galères, j'en suis fort et j'en suis fier
Je suis fier de là où j'ai grandi
Y'a pas qu'des taudis
Y'a quelques bandits
Mais on vit, qu'est-ce que t'en dis ?
J'suis fier d'être un jeune de banlieue
Ce qu'ils montrent de chez nous est faux
Je suis fier de mon milieu

Et j'suis qu'un jeune de banlieue
Refrain ×2

J'entends souvent "perdu d'avance"
Chez nous les gens sont défaitistes
Car notre histoire a beaucoup de cicatrices
Est-ce parce que je suis artiste
Que cela me rend triste ?
Tout le monde devient raciste
Car les coups durs insistent
Et si j'insiste, c'est simple, c'est que le système
Ce qu'ils nous infligent n'est pas juste, mais si j't'aime
C'est que chez toi je peux lire et je peux parler
Je peux écrire et mes enfants, j'pourrai les r'garder
Je suis un jeune de banlieue
Je sais que je fascine
Parce que là d'où je viens, réussir n'est pas facile
Et je garde les stigmates, de ce milieu, de ma peau mate
J'ai beau m'en débattre, parfois c'est dur, il m'faut de la pommade
On est comme des nomades
Au-delà de nos cités, beaucoup de gens nous regardent
Comme si on allait partir, mais on est pas des nomades
On vit ici, avec vous, on n'est pas des nomades
Et c'est toujours la même image :
Le guignol ou le rageur
La banlieue ne fait que rire ou que peur et c'est dommage
Y'a plein d'autres choses, pour l'amour, on a nos codes
On sait aussi le célébrer sans drogue et sans alcool
J'ai des intenses instantanés
De bonheur pendant tant d'années
De rire, de solidarité
Pendant que vous nous condamnez
Banlieusard, tu n'es pas là pour rien
Et sois fier si tu es un jeune de banlieue

Refrain ×4

 

+ Jeune et con - Damien Saez (1999)

Paroles et Musique : Damien Saez  "De fil en aiguille" (1999) 

Encore un jour se lève sur la planète France
Et je sors doucement de mes rêves je rentre dans la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j'ai dormi tout le jour
Je me suis encore couché trop tard je me suis rendu sourd encore

Encore une soirée où la jeunesse France
Encore elle va bien s'amuser puisqu'ici rien n'a de sens
Alors elle va danser faire semblant d'être heureux
Pour aller gentiment se coucher mais demain rien n'ira mieux

Puisqu'on est jeune et con
Puisqu'ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s'en fout
Puisqu'on n'est que des pions
Contents d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous gagnerons à devenir fous

Encore un jour se lève sur la planète France
Mais j'ai depuis longtemps perdu mes rêves je connais trop la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j'ai dormi tout le jour
Mais je sais qu'on est quelques milliards à chercher l'amour encore

Encore une soirée où la jeunesse France
Encore elle va bien s'amuser dans cet état d'urgence
Alors elle va danser faire semblant d'exister
Qui sait si l'on ferme les yeux on vivra vieux ?

Puisqu'on est jeune et con
Puisqu'ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s'en fout
Puisqu'on n'est que des pions
Contents d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous nous aimerons
Comme des fous

Encore un jour se lève sur la planète France
Et j'ai depuis longtemps perdu mes rêves je connais trop la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j'ai dormi tout le jour
Mais je sais qu'on est quelques milliards à chercher l'amour

 

+ Junte (La) - Trust (1981)

(B. Bonvoisin / N. Krief)
Toi qui parles de nouvelles libertés
Fier de l'argent que ton père t'a laissé
Tu cracheras ta haine sur nous pauvres manuels
En répandant nos ghettos que tu nommes HLM
Tu veux que je vote pour te rassurer
Tu veux que je vote pour te sécuriser
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne.
Tu as pour toi les "fout la merde" les contents d'eux
Tu as promis en un temps record de tous nous rendre heureux
Passe voir les vieux plus assez jeunes pour décider
Ils sont usés, fatigués, d'être consultés, dirigés
Tu veux que je vote pour mon équilibre
Tu veux que je vote pour être libre
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne.
Allez couchez
Tu vas voter !
Vote, vote, vote, vote,
Vote, vote, vote, vote
Mon bulldozer est le symbole d'une jeunesse
Qui refuse toutes vos magouilles politiques
Je veux parler de nous, victimes
De nous vulgaires pions sur vos échiquiers
Pour nous vous avez tant d'estime
Demain pensez qu'on va voter
Elire un fabuleux élixir
Qui donnera travail, prospérité
alors vote, vote, vote, vote,
Vote, vote, vote, vote
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Vote, vote, vote, vote,
Vote, vote, vote, vote
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Vote, vote, vote, vote,
Vote, vote, vote, vote
Pour nous vous avez tant d'estime
Demain pensez qu'on va voter
Elire un fabuleux élixir
Qui donnera travail, prospérité
alors vote, vote, vote, vote,
Vote, vote, vote, vote
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Je ne suis qu'un bulletin qu'on intoxique
Et qu'on glisse dans une urne
Vote !

 

+ Lac Huron (Le) - Francis Cabrel (1985)

Je suis tombé au premier matin
Devant ma mère à genoux
On m'a fait boire le lait des chiens
Chauffé sur les cailloux
Encore aujourd'hui
Quand j'ai le sang qui bout
Quand je sens que monte l'orage
Je peux hurler jusqu'à ce que les loups
Viennent me lécher le visage

Je savais lire les marques du temps
Sur les écorces des arbres
Je savais compter les éclats de marbre
Sur la peau des serpents

Ça faisait des milliers, des millions d'années
Que c'était suffisant
Ils sont quand même venus chercher mes enfants
Pour leurs écoles fédérales

Ce soir je marche
Comme avant, nous marchions
Comme quand la lune était large
Au bord du lac, au bord du lac Huron

On m'a fait vivre pour d'autres règles
On m'a fait suivre d'autres lois
On m'a dit « petit le vent ne se lève pas
Sur les plumes des aigles »

Je ne sais plus reconnaître tes empreintes
Ni dessiner mes discours
J'pourrais même plus t'écrire des phrases d'amour
Sur ma figure peinte

Ce soir...
Le monde a tourné trop vite
Il t'a emporté tout droit
T'as pas eu le temps de prendre
Tes racines avec toi
Le jour où tu trouveras que ton histoire
Est trop jeune
Y'aura plus personne dans l'Indian Reservation

On a vu tomber aux pieds des visages pâles
Le dernier caribou
Pendant qu'épuisé, il rêvait debout
Contre les murs de toiles

Je ne sais même pas ce que peuvent en penser
Les grands manitous
Quand la nuit tombe, je perds mon chemin
Dans toutes ces nouvelles étoiles

Ce soir je marche
Comme avant nous marchions...

 

+ Lily - Pierre Perret (1977)

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugusses
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.

 

+ Ma banlieue - Reda Caire (1937)

Ma banlieue, ma banlieue
A des charmes que rien ne remplace
Pas bien loin, y a des coins
Où chaque dimanche on se délasse
Ma banlieue, ma banlieue
Grâce à toi, tous les ennuis s'effacent
On devient très fleur bleue
C'est pourquoi j'aime tant ma banlieue

Quand on vit dans la capitale
On a besoin de changer d'air
Et vers la campagne on détale
Par la douceur d'un matin clair
On voudrait bien aller à Nice
Hélas on n'a pas les moyens
Mais la banlieue a ses délices
C'est moins chic mais c'est aussi bien

Ma banlieue, ma banlieue
A des charmes que rien ne remplace
Pas bien loin, y a des coins
Où chaque dimanche on se délasse
Ma banlieue, ma banlieue
Grâce à toi, tous les ennuis s'effacent
On devient très fleur bleue
C'est pourquoi j'aime tant ma banlieue

Le soir on danse à la guinguette
Aussi bien que dans un dancing
En espadrilles et sans toilettes
Un vieux chandail comme smoking
L'orchestre n'est pas un jazz-hot
C'est un phono un peu usé
Mais les doux refrains qu'il radote
Finissent tous par un baiser

Ma banlieue, ma banlieue
A des beaux soirs que rien ne remplace
C'est l'instant si troublant
Où tous les deux, chérie, on s'enlace
Ma banlieue, ma banlieue
Grâce à toi le bonheur a sa place
On devient très fleur bleue
Mon amour, restons dans ma banlieue

 

+ Made in Asia - Vanessa Paradis (2006)

Paroles et Musique : Louis Chedid  "Le soldat rose" (2006)

Je viens d'un tout petit pays
Du fin fond, fin fond de l'Asie
Sable fin, mer bleue de Chine
Où les enfants travaillent
Jour et nuit à l'usine

Refrain:
Made in Asia
Made in Asia
Quel joli nom !
Made in Asia
Made in Asia
Mais attention !
Made in Asia
Made in Asia
Triste chanson !
Made in Asia
Made in Asia
Poupée chiffon
Poupée chiffon

J'ai été cousue par une petite fille
Qui n'a que la rue pour famille
A l'âge où l'on est porcelaine
Elle ne pleure même plus
Malgré ses doigts qui saignent

Refrain

Pour toute la vie, cette étiquette
Collée dans un coin de ma tête
Me fredonnera ce refrain
N'oublie surtout jamais
N'oublie pas d'où tu viens

Refrain

 

+ Manhattan-Kaboul - Renaud et Axel Red (2002)

Petit Portoricain, bien intégré quasiment New-yorkais
Dans mon building tout de verre et d’acier,
Je prends mon job, un rail de coke, un café,

Petite fille Afghane, de l’autre côté de la terre,
Jamais entendu parler de Manhattan,
Mon quotidien c’est la misère et la guerre

Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

Un 747, s’est explosé dans mes fenêtres,
Mon ciel si bleu est devenu orage,
Lorsque les bombes ont rasé mon village

Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

So long, adieu mon rêve américain,
Moi, plus jamais esclave des chiens
Ils t'imposait l’islam des tyrans
Ceux là ont-ils jamais lu le coran ?

Suis redev’nu poussière,
Je s’rai pas maître de l’univers,
Ce pays que j’aimais tell'ment serait-il
Finalement colosse aux pieds d’argile ?

Les dieux, les religions,
Les guerres de civilisation,
Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
Font toujours de nous de la chair à canon

Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle

 

+ Ma France - Jean Ferrat (1969)

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

 

+ Ma môme - Jean Ferrat (1968)

Ma môme, ell' joue pas les starlettes
Ell' met pas des lunettes
De soleil
Ell' pos' pas pour les magazines
Ell' travaille en usine
A Créteil

Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenêtre n'a qu'un carreau
Qui donne sur l'entrepôt
Et les toits

On va pas à Saint-Paul-de-Vence
On pass' tout's nos vacances
A Saint-Ouen
Comme famille on n'a qu'une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c'est loin

Mais ma môme elle a vingt-cinq berges
Et j'crois bien qu'la Saint'Vierge
Des églises
N'a pas plus d'amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu'on dise

L'été quand la vill' s'ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s'attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends douc'ment sa main
Et j'la garde

On s'dit toutes les choses qui nous viennent
C'est beau comm' du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l'amour
En secret

Ma môme, ell' joue pas les starlettes
Ell' met pas des lunettes
De soleil
Ell' pos' pas pour les magazines
Ell' travaille en usine
A Créteil

 

+ Maria - Jean Ferrat (1967)

Maria avait deux enfants
Deux garçons dont elle était fière
Et c'était bien la même chair
Et c'était bien le même sang

Ils grandirent sur cette terre
Près de la Méditerrannée
Ils grandirent dans la lumière
Entre l'olive et l'oranger

C'est presque au jour de leurs vingt ans
Qu'éclata la guerre civile
On vit l'Espagne rouge de sang
Crier dans un monde immobile

Les deux garçons de Maria
N'étaient pas dans le même camp
N'étaient pas du même combat
L'un était rouge, et l'autre blanc

Qui des deux tira le premier
Le jour où les fusils parlèrent
Et lequel des deux s'est tué
Sur le corps tout chaud de son frère ?

On ne sait pas. Tout ce qu'on sait
C'est qu'on les retrouva ensemble
Le blanc et le rouge mêlés
A même les pierres et la cendre

Si vous lui parlez de la guerre
Si vous lui dites liberté
Elle vous montrera la pierre
Où ses enfants sont enterrés

Maria avait deux enfants
Deux garçons dont elle était fière
Et c'était bien la même chair
Et c'était bien le même sang.

 

+ Mains d'or (Les) - Bernard Lavilliers (2001)

Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminée muettes - portails verrouillés
Wagons immobiles - tours abandonné
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces - le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'ai passé ma vie là - dans ce laminoir
Mes poumons - mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là - les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée rouge saignée sur l'espoir

On dirait - le soir - des navires de guerre
Battus par les vagues - rongés par la mer
Tombés sur le flan - giflés des marées
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y'a plus rien à faire
Quand je fais plus rien - moi
Je coûte moins cher - moi
Que quand je travaillais - moi
D'après les experts

J'me tuais à produire
Pour gagner des clous
C'est moi qui délire
Ou qui devient fou
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y'a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or...


+ Marie-Jeanne - Joe Dassin (1967)

C'était le quatre juin, le soleil tapait depuis le matin
Je m'occupais de la vigne et mon frère chargeait le foin
Et l'heure du déjeuner venue, on est retourné à la maison
Et notre mère a crié de la cuisine "Essuyez vos pieds sur l' paillasson"
Puis elle nous dit qu'elle avait des nouvelles de Bourg-les-Essonnes
Ce matin, Marie-Jeanne Guillaume s'est jetée du pont de la Garonne

Et mon père dit à ma mère en nous passant le plat de gratin
"La Marie-Jeanne, elle n'était pas très maligne, passe-moi donc le pain.
Y a bien encore deux hectares à labourer dans le champ de la canne"
Et maman dit "Tu vois, quand j'y pense, c'est quand même bête pour cette pauvre Marie-Jeanne
On dirait qu'il n'arrive jamais rien de bon à Bourg-les-Essonnes
Et voilà qu' Marie-Jeanne Guillaume va s' jeter du pont de la Garonne"

Et mon frère dit qu'il se souvenait quand lui et moi et le grand Nicolas
On avait mis une grenouille dans le dos de Marie-Jeanne, un soir au cinéma
Et il me dit "Tu te rappelles, tu lui parlais ce dimanche près de l'église
Donne-moi encore un peu de vin, c'est bien injuste la vie
Dire que j' l'ai vue à la scierie hier à Bourg-les-Essonnes
Et qu'aujourd'hui Marie-Jeanne s'est jetée du pont de la Garonne"

Maman m'a dit enfin "Mon grand, tu n'as pas beaucoup d'appétit
J'ai cuisiné tout ce matin et tu n'as rien touché, tu n'as rien pris
Dis-moi, la sœur de ce jeune curé est passée en auto
Elle m'a dit qu'elle viendrait dimanche à dîner... Oh ! et à propos
Elle dit qu'elle a vu un garçon qui t' ressemblait à Bourg-les-Essonnes
Et lui et Marie-Jeanne jetaient quelque chose du pont de la Garonne"

Toute une année est passée, on ne parle plus du tout de Marie-Jeanne
Mon frère qui s'est marié a pris un magasin avec sa femme
La grippe est venue par chez nous et mon père en est mort en janvier
Depuis, maman n'a plus envie de faire grand-chose, elle est toujours fatiguée
Et moi, de temps en temps j' vais ramasser quelques fleurs du côté des Essonnes
Et je les jette dans les eaux boueuses du haut du pont de la Garonne

 

+ Marseilleise (La) - Les Sans culottes

Refrain

Aux armes, citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur...
Abreuve nos sillons !

Allons ! Enfants de la Patrie !
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé ! (Bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes

Refrain
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (Bis)
Français ! Pour nous, ah ! Quel outrage !
Quels transports il doit exciter ;
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

Refrain

Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (Bis)
Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Refrain

Tremblez, tyrans et vous, perfides,
L'opprobre de tous les partis !
Tremblez ! Vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix. (Bis)
Tout est soldat pour vous combattre.
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produira de nouveaux
Contre vous tout prêt à se battre.


Refrain

Français, en guerriers magnanimes
Portons ou retenons nos coups !
Épargnons ces tristes victimes,
A regret, s'armant contre nous ! (Bis)
Mais ce despote sanguinaire !
Mais ces complices de Bouillé !
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Aux armes, citoyens ! Etc.

Refrain

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté ! Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (Bis)
Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents !
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain

 

+ 1936 - Fabian Martin

Il tombe sur la ville une pluie de grenailles
Comme une pluie de grêlons
Qui a fendu l’horizon

Eh, ami entends-tu le bruit de la mitraille ?
C'est la voix de l’oppression
Qui ne dit pas son nom

Grenade, Madrid ne sont plus que champs de bataille
Si nous allons au front
Tu le sais, nous tomberons

Le feu de nos fusils n’est qu’un feu de paille
Et le feu de leurs canons
Brûle nos maisons

« Nous avons perdu toutes les batailles
Mais c’est nous qui avions
Les plus belles chansons »


On s’est égaré là sous un soleil de grisaille
Et notre garnison
Manquait de munitions

Ce n’est pas le moment, ami, que l’on défaille
Un effort et nous pourrons
Nous réfugier sous le pont

Où as-tu mal ? Montres-moi la beauté de ton entaille
Qui fait couler sur ton front
La couleur que nous aimons

Guerre à ne pas refaire, ce nerf qui nous tiraille
Nous aurons touché le fond
Le cœur criblé de plomb

« Nous avons perdu toutes les batailles
Mais c’est nous qui avions
Les plus belles chansons »

 

+ Miss Maggie - Renaud (1985)

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N' s'ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y'a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y'a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y'en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n' deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y'en a qui vont jusqu'à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d'honneur de ces cons-là
Aucune femme n'est assez vulgaire
Pour l'employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t'aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc' que la vue d'une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc' que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J'ai jamais vu une femelle
Pas une femme n'est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C'est pas d'un cerveau féminin
Qu'est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n'a sur les mains
Le sang des indiens d'Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu'un génocide c'est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d'humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t'aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l'homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l'heure dernière,
L'enfer s'ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m'offrirai Madame Thatcher

 

+ Money, money, money (L'argent, argent, argent - Abba (1976)

"Arrival" (1976)

Money money money (L'argent, l'argent, l'argent)

I work all night, I work all day, to pay the bills I have to pay 
Je travaille chaque nuit, je travaille chaque jour, pour payer les factures que j'ai à payer
Ain't it sad 
N'est-ca pas triste
And still there never seems to be a single penny left for me 
Et chaque fois il ne semble jamais y avoir le moindre penny égaré qui me revienne
That's too bad 
C'est trop malheureux
In my dreams I have a plan 
Dans mes rêves j'échafaude un plan
If I got me a wealthy man 
Si je me trouvais un homme fortuné
I wouldn't have to work at all, I'd fool around and have a ball... 
Je n'aurais plus du tout besoin de travailler, je ferais l'imbécile et je m'amuserais comme une folle

Chorus & Refrain

Money, money, money 
L'argent, l'argent, l'argent
Must be funny 
Doit être amusant
In the rich man's world 
Dans le monde des riches
Money, money, money 
L'argent, l'argent, l'argent
Always sunny 
Rayonne toujours
In the rich man's world 
Dans le monde des riches
Aha-ahaaa Aha-ahaaa
All the things I could do 
Toutes les choses que je pourrais faire
If I had a little money 
Si j'avais un peu d'argent
It's a rich man's world 
C'est un monde de riches

It's a rich man's world 
C'est un monde de riches

A man like that is hard to find but I can't get him off my mind 
Un homme comme ça est dur à trouver mais je ne parviens pas à le soustraire de mes pensées
Ain't it sad 
N'est-ce pas triste
And if he happens to be free I bet he wouldn't fancy me 
Et si par hasard il était libre, je parie qu'il ne voudrait pas de moi
That's too bad 
C'est trop malheureux
So I must leave, I'll have to go 
Alors je dois partir, je devrai aller
To Las Vegas or Monaco 
A Las Vegas ou Monaco
And win a fortune in a game, my life will never be the same... 
Et gagner une fortune aux jeux, ma vie ne sera plus jamais la même...

Chorus x2 Refrain x2

It's a rich man's world 
C'est un monde de riches

 

+ Mon fils, ma bataille - Daniel Ballavoine (1980)

Paroles et Musique : Daniel Balavoine  "Un autre monde" (1980)
© Editions Barclays-Morris

Ça fait longtemps que t'es partie
Maintenant
Je t'écoute démonter ma vie
En pleurant
Si j'avais su qu'un matin
Je serai là, sali, jugé, sur un banc
Par l'ombre d'un corps
Que j'ai serré si souvent
Pour un enfant

Oh
Tu leur dis que mon métier
C'est du vent
Qu'on ne sait pas ce que je serai
Dans un an
S'ils savaient que pour toi
Avant de tous les chanteurs j'étais le plus grand
Et que c'est pour ça
Que tu voulais un enfant
Devenu grand

Refrain:
Oh
Les juges et les lois
Ça m'fait pas peur
C'est mon fils ma bataille
Fallait pas qu'elle s'en aille
Oh
Je vais tout casser
Si vous touchez
Au fruit de mes entrailles
Fallait pas qu'elle s'en aille

Bien sûr c'est elle qui l'a porté
Et pourtant
C'est moi qui lui construis sa vie lentement
Tout ce qu'elle peut dire sur moi
N'est rien à côté du sourire qu'il me tend
L'absence a ses torts
Que rien ne défend
C'est mon enfant

{Refrain: x2}
Oh
Les juges et les lois
Ça m'fait pas peur
C'est mon fils ma bataille
Fallait pas qu'elle s'en aille
Oh
Je vais tout casser
Si vous touchez
Au fruit de mes entrailles
Fallait pas qu'elle s'en aille


+ Monsieur comédie - Trust (1980)

C'est un peu facile de dicter des messages
Quand on est au chaud à l'abri des assauts.
Pendant que tout un peuple criait "démission"
Et tombait sous les balles.
Le retour tant attendu est arrivé :
Monsieur Comédie, l'avion, il l'a repris.
Dans un bain de foule, il est rentré au pays.
Ca sent l'épuration...

Sous sa peau flasque,
Blindé comme un tank,
Il vivait sous une tente,
Protégé comme une banque.
Durant tout son exil,
Il n'a fait que prières.
Derrière le vieux croyant
Se terrait le tortionnaire.

De quoi est fait demain ? On l'a su assez tôt
Le soleil ne brille plus à Neauphle-le-Château.
Impotent le vieillard a relancé la bagarre et rempli les prisons.
Nouvelles dictatures, exécutions sommaires
Les femmes doivent se voiler, la musique prohibée.
Ils massacrent leurs frères, tout devient absurde.

Sous sa peau flasque,
Blindé comme un tank,
Il vivait sous une tente,
Protégé comme une banque.
Durant tout son exil,
Il n'a fait que prières.
Derrière le vieux croyant
Se terrait le tortionnaire.

Il a sa place à l'hospice, et non dans la police.
L'être humain est repu, il est rassasié
Dose d'atrocités.

 

+ Motivés - Zebda (2001)

Spécialement dédicacé à tous ceux qui sont motivés
Spécialement dédicacé à tous ceux qui ont résisté, par le passé

Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ohé, partisans ouvriers et paysans c'est l'alarme
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes

Refrain:
Motivés, motivés
Il faut rester motivés !
Motivés, motivés
Il faut se motiver !
Motivés, motivés
Soyons motivés !
Motivés, motivés
Motivés, motivés !

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
Il est des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Chantez compagnons, dans la nuit la liberté vous écoute

Refrain

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe
Ami si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place
Ohé, partisans ouvriers et paysans c'est l'alarme
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes

Refrain

On va rester motivés pour le face à face
On va rester motivés quand on les aura en face
On va rester motivés, on veut que ça se sache
On va rester motivés...

Refrain

On va rester motivé pour la lutte des classes
On va rester motivé contre les dégueulasses
Motivés, motivés...

 

+ Mourrir pour les idées - Georges Brassens (1972)

Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente

Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

 

+ Né quelque part - Maxime Le Forestier (1984)

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Être né‚ quelque part
Être né‚ quelque part
Pour celui qui est né‚
C'est toujours un hasard

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Y'a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leurs nids, qu'ils rentrent de voyage
Ou qu'ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs œufs

Etre né‚ quelque part
Etre né‚ quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part

Est-ce que les gens naissent
Égaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent
Égaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né‚ quelque part
Je suis né‚ quelque part
Laissez-moi ce repère
Où je perds la mémoire

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

 

+ 99 Luftballons (99 ballons) - Nena (1983)

99 Luftballons (99 Ballons)
 
Hast du etwas Zeit für mich   
Si tu as un peu de temps pour moi
Dann singe ich ein Lied für dich   
Alors je te chanterais une chanson
Von neun und neunzig Luftballons   
Sur 99 ballons
Auf ihrem Weg zum Horizont   
En route pour l'horizon
Denkst du vielleicht g'rad an mich   
Si peut-être tu penses à moi
Dann singe ich ein Lied fur dich   
Alors je te chanterais une chanson
Von neun und neunzig Luftballons   
Sur 99 ballons
Und das sowas von sowas kommt   
Et comment ceci a pu arriver à cause d'une telle chose
 
Neun und neunzig Luftballons   
99 ballons
Auf ihrem Weg zum horizont   
En route vers ton horizon
Hielt man für UFOs aus dem All   
On les prenait pour des ovnis venant de l'espace
Darum schickte ein General   
C'est pour cela qu'un général a envoyé
Eine Fliegerstaffel hinterher   
Une escadrille d'avions à leur trousse
Alarm zu geben, wenn's so war   
C'était pour donner l'alarme s'il a fait ça
Dabei war'n da am Horizont   
Et pourtant, il n'y avait là à l'horizon
Nur neun und neunzig Luftballons   
Que 99 ballons
 
Neun und neunzig Düsenflieger   
99 pilotes d'avions à réaction
Jeder war ein grosser Krieger   
Chacun d'entre eux était un grand guerrier
Hielten sich für Captain Kirk   
Ils se prenaient pour le capitaine Kirk
Das gab ein grosses Feuerwerk   
Cela a donné un grand feu d'artifice
Die Nachbarn haben nichts gerafft   
Les voisins n'ont rien capté
Und fühlten sich gleich angemacht   
Et se sentaient tout de suite provoqués
Dabei schoss man am Horizont   
Et pourtant on a tiré à l'horizon
Auf neun und neunzig Luftballons   
Sur 99 ballons
 
Neun und neunzig Kriegsminister   
99 ministres de la guerre
Streichholz und Benzinkanister   
L' allumette et le jerrican d'essence
Hielten sich für schlaue Leute   
Se prenaient pour des gens malins
Witterten schon fette Beute   
Ils flairaient un gros butin
Riefen : Krieg und wollten Macht   
Ils criaient : la guerre et voulaient le pouvoir
Mann, wer hätte das gedacht   
Mais qui aurait pu pensé cela
Dass es einmal soweit kommt   
Qu'on en arrive là un jour
Wegen 99 Luftballons   
A cause de 99 ballons
 
Neun und neunzig jahre Krieg   
99 années de guerre
Liessen keinen platz für Sieger   
N'avais même pas laissé de place pour les vainqueurs
Kriegsminister gibt's nicht mehr   
Des ministres de la guerre, il n'y en avait plus aucun
Und auch keine Düsenflieger   
Et aussi plus d'avions à réaction
Heute zieh ich meine Runden   
Aujourd'hui je fais mes rondes
Seh' die welt in Trümmern liegen   
Je vois que le monde est en ruine
Hab' 'nen Luftballon gefunden   
J'ai trouvé un ballon
Denk' an dich und lass' ihn fliegen   
Je pense à toi et je le laisse s'envoler

 

+ Noir et blanc - Bernard Lavilliers (1986)

C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais.
Y a du sang sur le trottoir
C'est sa voix, poussière brûlée
C'est ses ongles sur le blindé.
Ils l'ont battu à mort, il a froid, il a peur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
Po Na Ba Mboka Nionso Pe Na Pikolo Nionso
Il vivait avec des mots
Qu'on passait sous le manteau
Qui brillaient comme des couteaux.
Il jouait d'la dérision
Comme d'une arme de précision.
Il est sur le ciment, mais ses chansons maudites
On les connaît par cœur,
La musique a parfois des accords majeurs
Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.
Ça dépend des latitudes
Ça dépend d'ton attitude
C'est cent ans de solitude.
Y a du sang sur mon piano
Y a des bottes sur mon tempo.
Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends
J'entends battre son cœur.
La musique parfois a des accords mineurs
Qui font grincer les dents du grand libérateur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.

C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais
Une chanson qui nous ressemble.

C'est la voix de Mendela
Le tempo docteur Fela
Ecoute chanter la foule
Avec les mots qui roulent et font battre son cœur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur
Po Na Ba Mboka Nionso... Pe Na Pikolo Nionso

 

+ Nous serons toujours là - Julien Cler et Corinne Miller (1979)

36 – Front Populaire - (Final)
 
L'espérance est dans la ville
C'est une belle femme immobile
Et elle tremble un peu parfois
Elle a peur, elle a froid, ..

Puis elle marche tranquille
Nous montre un bonheur très possible
Et elle s'éloigne pas à pas
Avec la victoire à son bras…,

Tout au bout de quelques mois
On s'aperçoit par hasard
Que c'est encore pour plus tard... ,
 
On fait l'amour avec elle
L'espérance nous donne des ailes
On croit que le monde entier
Va enfin changer... ,

On fait l'amour avec elle
Mais elle devient cruelle
On voit que le monde entier
Va bientôt nous écraser... ,

Tout là-bas, nos compagnons
Aveuglés de leurs passions
De leur sang écrivent l'histoire
En couvrant leur terre de gloire
Et du fond de nos régions
On voit monter les légions
Des chemises brunes et noires
Qui s’en vont broyer l’histoire

Dans les champs et dans les villes
Dans les mines et dans les bois
On invente l’impossible
L'espérance est toujours là .. ,
La victoire est dans la ville
Dans nos murs et sous nos toits
Comme une neige timide
Près d'un grand feu de joie .. ,

L'Union était trop fragile
Et quand on traverse une ville
Tous les manèges et les soldats
On les voit, on les voit.
 
La victoire semblait si facile
Mais quand le bonheur est terrible
Le printemps a peur et parfois
Il s'en va, il s'en va...,

Mais nous serons
Toujours là …,
L'espérance plein les bras
Nous serons toujours là, toujours là...

 

+ Nu - Daniel Lavoie (2007)

Allain Leprest. Musique: Sylvain Lebel, Christian Loigerot (1998)

Nu, j'ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l'île de Malenfance
Dont nul n'est revenu
Nu, j'ai vécu nu
Dans des vignes sauvages
Nourri de vin d'orage
Et de corsages émus
Nu, vieil ingénu
J'ai nagé dans tes cieux
Depuis les terres de feu
Jusqu'aux herbes ténues
Nu, j'ai pleuré nu
Dans la buée d'un miroir
Le cœur en gyrophare
Qu'est-ce qu'on s'aimait... Samu

Nu, j'ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j'avance nu
Dépouillé de mon ombre
J'voulais pas être un nombre
Je le suis devenu
Nu, j'ai vécu nu
Aux quatre coins des gares
Clandestin d'une histoire
Qui n'a plus d'avenue

Nu, je suis venu
Visiter en passant
Un globule de sang
Un neutrone des nues
Nu, le torse nu
Je voudrais qu'on m'inhume
Dans mon plus beau posthume

 

+ Nuit et brouillard - Jean Ferrat (1963)

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

 

+ Ode to Billy Joe (Ode à Billy Joe) - Bobbie Gentry (1967)

Paroles et Musique: Bobbie Gentry   1967  "Ode to Billie Joe"
© Capitol

Ode to Billy Joe (Ode à Billy Joe)
 
It was the third of June, another sleepy, dusty, delta day   
C'était le 3 juin, encore un jour poussiéreux et somnolent sur le delta
I was out choppin' cotton and my brother was balin' hay   
J'étais dehors, je récoltais le coton, et mon frère bottelait du foin
And at dinner time we stopped and walked back to the house to eat   
 A l'heure du dîner on s'est arrêtés et on est retournés à la maison pour manger
And Mama hollered at the back door, "Y'all remember to wipe your feet"   
Et Maman a braillé par la porte de derrière "pensez à essuyer vos pieds"
Then she said, "I got some news this mornin' from Choctaw Ridge   
Puis elle a dit "J'ai eu des nouvelles de Choctaw Ridge ce matin
Today Billie Joe McAllister jumped off the Tallahatchee Bridge"   
Aujourd'hui, Billy Joe Mac Allister a sauté du pont Tallahatchee"
 
Papa said to Mama as he passed around the black-eyed peas   
Papa a dit à Maman en passant les pois noirs
"Well, Billie Joe never had a lick o' sense, pass the biscuits, please   
"Eh ben, Billy Joe n'a jamais été très malin, passe moi les biscuits s'il te plaît
"There's five more acres in the lower forty I've got to plow"   
J'ai encore 2 hectares à labourer en bas du champs quarante"
And Mama said it was a shame about Billie Joe anyhow   
Et maman a dit que c'était quand même dommage pour Billy Joe
Seems like nothin' ever comes to no good up on Choctaw Ridge   
On dirait qu'il n'arrive jamais rien de bon à Choctaw Ridge
And now Billie Joe McAllister's jumped off the Tallahatchee Bridge   
Et maintenant voilà que Billy Joe Mac Allister a sauté du pont Tallahatchee
 
Brother said he recollected when he and Tom and Billie Joe   
Mon frère a dit qu'il se souvenant quand lui, Tom et Billy Joe
Put a frog down my back at the Carroll County picture show   
M'avaient mis une grenouille dans le dos au cinéma à Caroll County
And wasn't I talkin' to him after church last Sunday night   
D'ailleurs, je lui parlais dimanche soir dernier après la messe
I'll have another piece of apple pie, you know, it don't seem right   
Je prendrais bien une part de tarte au pomme ; tu vois, c'est pas juste
I saw him at the sawmill yesterday on Choctaw Ridge   
Je l'ai vu hier à la scierie de Choctaw Ridge
And now you tell me Billie Joe's jumped off the Tallahatchee Bridge   
Et maintenant tu me dis que Billy Joe s'est jeté du pont Tallahatchee
 
Mama said to me, "Child what's happened to your appetite ?   
Maman m'a dit "Ma fille, qu'est ce qui arrive à ton appétit ?
I been cookin' all mornin' and you haven't touched single bite   
J'ai cuisiné toute la matinée, tu n'as pas mangé une seule bouchée
That nice young preacher Brother Taylor dropped by today   
Ce charmant jeune prêtre, frère Taylor, est passé aujourd'hui
Said he'd be pleased to have dinner on Sunday, oh by the way   
Il a dit qu'il serait ravi de venir manger dimanche, oh d'ailleurs
He said he saw a girl that looked a lot like you up on Choctaw Ridge   
Il a dit qu'il avait vu une fille qui te ressemblait a Chactow Ridge
And she and Billie Joe was throwin' somethin' off the Tallahatchee Bridge"   
Et elle et Billy Joe lançaient quelquechose du pont Tallahatchee"
 
A year has come and gone since heard the news 'bout Billie Joe   
Une année est passée depuis qu'un a entendu parler de l'histoire de Billy Joe
Brother married Becky Thompson, they bought a store in Tupelo   
Mon frère a épousé Becky Thopson, ils ont acheté un magasin à Tupelo
There was a virus goin' round, papa caught it and he died last spring   
Un virus trainaît dans l'air, papa l'a attrapé et en est mort le printemps dernier
And now Mama doesn't seem to want to do too much of anything   
Et maintenant maman n'as plus le goût de rien faire
And me I spend a lot of time picking flowers up on Choctaw Ridge   
Quant à moi, je passe beaucoup de temps à cueillir des fleurs à Choctaw Ridget
And drop them into the muddy water off the Tallahatchee Bridge   
Et je les jette dans l'eau boueuse depuis le pont Tallahatchee

 

+ On nous cache tout, on nous dit rien - Jacques Dutronc (1966)

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien

Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
Socrate a-t-il bu sa cigüe ?
L'aventure est-elle au coin de la rue ?
On nous cache tout on nous dit rien
La vérité sur Dagobert
Quel était son manager ?

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien

La vérité sur La Palice
Quand c'est rugueux c'est pas lisse
On nous cache tout on nous dit rien
Et l'affaire du masque de fer
Est-ce que Louis Quatorze était son frère ?
On nous cache tout on nous dit rien
La vérité sur l'Obélisque
A-t-il été déclaré au fisc ?

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien

Savoir pourquoi Napoléon
Mettait la main dans son giron
On nous cache tout on nous dit rien
L'affaire trucmuche et l'affaire machin
Dont on ne retrouve pas l'assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l'information

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien

 

 

 

+ Oscar - Renaud (1981)

Y v'nait du pays ou habite la pluie
Où quand y'a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est qui va faire gris
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages

L'a connu l'école que jusqu'à treize ans
Après c'est la mine qui lui a fait la peau
Vingt au charbon c'est un peu minant
Pour goûter d(l'usine y s'est fait parigot

Dans son bleu d'travail y m'faisait rêver
Faut dire qu'j'étais jeune j'savais pas encore
J'pensais que l'turbin c'était un bienfait
Bienfait pour ma gueule surtout c'est la mort

L'avait fait 36 le Front Populaire
Pi deux ou trois guerres pi mai 68
Li avait la haine pour les militaires
J'te raconte même c'qui pensait des flics

Il était marxiste tendace Pif le chien
Syndiqué à mort inscrit au parti
Nous traitait d'fainéant moi et mes frangins
Parc'qu'on était anars tendance patchouli

Il était balaise fort comme un grand frère
Les épaules plus larges que sa tête de lit
Moi qui suis musclé comme un serpillière
Ben de c'coté là j(tiens pas beaucoup d'lui

L'avait sur l'bras gauche un super tatouage
Avec un croissant d'lune et une fleur coupée
La couleur s'était barrée avec l'age
Il avait l'bleu pâle d'un jean d élavé

Quand j'allais chez lui des foi d'temps en temps
J'lui roulait ses clopes avec son tabac gris
Pi j'restais des heures avec des yeux tout grands
A l'écouter m'baratiner sa vie

Vers soixante-cinq ans on lui a dit bonhomme
T'as assez bossé repose-toi enfin

L'a quittté Paname et la Rue d'Charonne
Pour une p'tite baraque avec un bout d'jardin

L'a usé ses reins a cassé la terre
Pour planter trois pauv' salades trois carottes
Y r'grettait ses potes du boul'vard Voltaire
Le bistrot l'apéro et les parties d'belote

Il est pas parti comme disent les poètes
Y s'est pas envolé comme disent les curés
Un matin d'décembre d'un cancer tout bête
L'a cassé sa pipe il a calanché

Y v'nait du pays où habite la pluie
Où quand y a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est aui va faire gris

Il était chtimi jusqu'au bout des nuages
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages

 

+ Ose - Yannick Noah (2005)

Presque rien, juste à part
Et venir plus près
D'autres liens d'autres voix
Au moins essayer
L'étincelle qu'on reçoit
Au premier regard
L'étincelle vient de toi
S'envole au hasard
Et peut tout changer

Alors... Ose, (ose) ose (Oooose)
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur

Ose, ose

Redonne à ce monde

Toutes ses couleurs.

Presque rien, un silence
Qu'il faut écouter
Un chemin, une chance
Qu'on peut partager
Pas de doute, pas de peur
Tu peux avancer
Fais ta route
Il est l'heure
Tu dois essayer
Tu dois tout changer

Ose, (okisé séki now, now, now, now....)
Ose (okisé séki now, now, now, now....)
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur
Ose, (okisé séki now, now, now, now....)
Ose (okisé séki now, now, now, now....)
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs.

(okisé séki now, now, now, now....) x2
Presque rien, une route, tu peux avancer
(okisé séki now, now, now, n ow....) x2
Presque rien, un regard, tu peux essayer

Tu peux tout changer

Alors...
Ose, (okisé séki now, now, now, now....)
Ose (okisé séki now, now, now, now....)
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur
Ose, (okisé séki now, now, now, now....)
Ose (okisé séki now, now, now, now....)
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs.
Ose, (okisé séki now, now, now, now....)
Ose (okisé séki now, now, now, now....)
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs

 

+ Parachute doré - Alain souchon (2008)

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
À moi le soleil et le calypso
L'ananas, la noix de coco
À moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé sur le bateau

Adieu les traders, adieu jogging
Les briefings à l'heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l'usine délocalise
Les cours ont dégringolé
Les banques ont plus rigolé

{Refrain:}
La boîte a coulé mais pouce !...
On va se la couler douce
La pilule, on va se la dorer
J'ai le parachute, chut ! doré

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
À moi le soleil et le calypso
L'ananas, la noix de coco
Adieu Château Pétrus en costards Lanvin
Adieu les jolies putes russes dans les Mystère 20

Balancées les fraiseuses, les machines-outils
Riez, ouvriers, du joli gâchis
J'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête
Un jour, les cours ont chuté
Et moi parachuté

{au Refrain}

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
À moi le soleil et le calypso
L'ananas, la noix de coco

Adieu téléphone, adieu le bureau
Secrétaires aux hauts talons hauts
À moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi bien frisé sur le bateau

La boîte a coulé mais pouce !...
On va se la couler douce
La pilule, on va se la dorer
J'ai le parachute, chut !

 

+ Parachutiste - Maxime Le Forestier (1971)

Paroles et Musique: Maxime Le Forestier   1971

Tu avais juste dix-huit ans
Quand on t'a mis un béret rouge,
Quand on t'a dit : "Rentre dedans
Tout ce qui bouge."
C'est pas exprès qu' t'étais fasciste,
Parachutiste.

Alors, de combat en combat,
S'est formée ton intelligence.
Tu sais qu'il n'y a ici-bas
Que deux engeances :
Les gens bien et les terroristes,
Parachutiste

Puis on t'a donné des galons,
Héros de toutes les défaites
Pour toutes les bonnes actions
Que tu as faites.
Tu torturais en spécialiste,
Parachutiste.

Alors sont venus les honneurs,
Les décorations, les médailles
Pour chaque balle au fond d'un cœur,
Pour chaque entaille,
Pour chaque croix noire sur ta liste,
Parachutiste

Mais, malheureusement pour toi,
Bientôt se finira ta guerre :
Plus de tueries, plus de combats.
Que vas-tu faire ?
C'est fini le travail d'artiste,
Parachutiste.

C'est plus qu'un travail de nana
D' commander à ceux qui savent lire,
Surtout qu' t'as appris avec moi
Ce que veut dire
Le mot " antimilitariste ",
Parachutiste.

T' as rien perdu de ton talent,
Tu rates pas une embuscade
Mais comme on n' tire pas vraiment,
Tu trouves ça fade.
C'est pt'êt pour ça qu' t' as les yeux tristes,
Parachutiste.

Mais si t' es vraiment trop gêné
D'être payé à ne rien faire,
Tu peux toujours te recycler
Chez tes p'tits frères.
J' crois qu'on engage dans la Police,
Parachutiste.

 

+ The partisan (Le partisan) - Léonard Cohen (1943)

Paroles : Emmanuel d'Astier de La Vigerie  Musique : Anna Marly (1943)
"Songs from a Room" (1969)

The Partisan (Le Partisan)

When they poured across the border   
Quand ils eurent traversé en masse la rivière
I was cautioned to surrender,   
Ils me demandèrent de capituler
This I could not do ;   
Mais je ne pouvais pas faire ça
I took my gun and vanished.   
J'ai pris mon arme et j'ai disparu.
 
I have changed my name so often,   
J'ai changé si souvent de nom
I've lost my wife and children   
J'ai perdu ma femme et mes enfants
But I have many friends,   
Mais j'ai beaucoup d'amis,
And some of them are with me.   
Et certains sont avec moi.
 
An old woman gave us shelter,   
Une vieille femme nous a hébergé
Kept us hidden in the garret,   
Nous gardant caché sous la mansarde,
Then the soldiers came ;   
Puis les soldats vinrent ;
She died without a whisper.   
Elle mourut sans un murmure.
 
There were three of us this morning   
Nous étions trois ce matin
I'm the only one this evening   
Il n'y a plus que moi ce soir
But I must go on ;   
Mais je dois continuer ;
The frontiers are my prison.   
Les frontières sont ma prison.
 
Oh, the wind, the wind is blowing,   
Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,   
A travers les tombes, le vent souffle,
Freedom soon will come ;   
La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows.   
Puis nous sortirons de l'ombre.
 
Les allemands étaient chez moi,   
Ils m'ont dit : "résigne-toi",   
Mais je n'ai pas peur ;  
J'ai repris mon âme. 
J'ai changé cent fois de nom, 
J'ai perdu femme et enfants 
Mais j'ai tant d'amis ;   
J'ai la France entière.  
Un vieil homme dans un grenier   

Pour la nuit nous a caché,   
Les allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.   

 
Oh, the wind, the wind is blowing,   
Oh, le vent, le vent souffle,
Through the graves the wind is blowing,   
A travers les tombes, le vent soufle,
Freedom soon will come ;   
La liberté viendra bientôt ;
Then we'll come from the shadows.   
Puis nous sortirons de l'ombre.

* La Complainte du partisan est une chanson écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d'Astier de La Vigerie — surnommé « Bernard » dans l'armée des ombres — et Anna Marly pour la musique. Elle passe pour la première fois à la BBC à destination de la France occupée . Elle devient une chanson populaire dans les années 1950.
Elle est désormais moins connue que le presque homonyme Chant des Partisans, également composé par Anna Marly mais écrit par Joseph Kessel et Maurice Druon, devenu l'hymne officiel de la Résistance française.

 

+ Petit - Bernard Lavilliers (1988)

Un enfant, avec un fusil trop grand
Un enfant, marche lentement, à pas hésitants
Au milieu du sang et du silence, et du silence

Un enfant, mais apparemment c'est plus un enfant
Depuis très longtemps, trop longtemps, trop longtemps

Bientôt dix ans, t'as jamais joué au voleur
Au gendarme qui a peur, à l'insouciance
Petit, tu devrais regarder les filles
Et voir dans leurs yeux qui brillent des valses lentes
Tu vois dans leurs yeux des éclairs de feux
Béton déchiré par les barbelés
Et de temps en temps du cristal de sang
Quand vas-tu mourir ?

Un enfant, avec un fusil trop grand
Un enfant, mais apparemment c'est plus un enfant
Peut tuer comme un grand, comme à la guerre évidemment

Bientôt dix ans, il y a des pays tranquilles
Et des jardins dans les villes, et de l'argent
Petit, tu sais pas jouer aux billes
Tu revends des balles en cuivre, pour le moment
Tu vis au milieu des éclairs de feux
Béton déchirés par le barbelés
Et de temps en temps du cristal de sang
Quand vas-tu mourir ?

Un enfant, un enfant trop vieux, un enfant trop dur
Un enfant bien évidemment peut tuer comme un grand
Et comme c'est la guerre, fait sa ronde, fait sa ronde

Et dans dix ans, si jamais y a plus l'enfer
Si jamais y a plus le fer, le feu, le sang
Petit, tu raccrocheras ton fusil
Comme un cauchemar qu'on oublie, apparemment
Petit, tu joueras peut-être au voleur
Et les gendarmes auront peur de l'insolence
Petit, tu feras danser les filles
Pour voir dans leurs yeux qui brillent des valses lentes
Mais au fond des yeux, des éclairs de feux
Béton déchiré par les barbelés
Et de temps en temps du cristal de sang
Que vas-tu devenir ?

 

+ Petite Kurde (La) - Pierre Perret (1982)

Petite si tu es kurde, écoute-moi
Il faut partir et quitter ton chez-toi
Moi, j'ai connu ton sort
J'ai tutoyé la mort
On n'a jamais raison contre un soldat.

Ils étaient cent autour de ma maison;
Aux murs, y avait de l'ail et des poivrons
Le vent était si doux
Le ciel était si clair
Et mon père est tombé dans un éclair.

C'était un matin calme de septembre,
Ils ont amené ma mère dans la chambre
Grand-père dans ses mains
Pleurait comme un enfant
Dehors on entendait hurler Maman.

Grand-mère faisait du pain dans la cuisine
Elle s'effondra le nez dans sa farine
Et sur son cœur éclôt
La fleur d'un géranium
Dernier hommage qu'elle ait reçu d'un homme.

Grand-père à coups de crosse dans le dos
Implora la pitié de ses bourreaux
J'entendais les soldats
Qui riaient tant et plus
Et Maman sur son lit ne criait plus.

Puis soudain le soleil s'est endeuillé
Les obus éclataient comme des œillets
La mort faisait ripaille
Jusque dans mon jardin
Il n'y poussait plus que des orphelins.

La pluie qui avait cousu tout l'horizon
Faisait fumer les ruines des maisons
Et tout en s'éloignant
Du ciel de Babylone
Je compris que je n'avais plus personne.

N'écoute pas les fous qui nous ont dit
Qu' la liberté est au bout du fusil