Tribunes des élu(e)s Socialistes dans "MONTREUIL DÉPÊCHE HEBDO" Archives
Tribune du mois de décembre 2006 publiée dans le n° 417
Un esprit sain dans un corps sain ?

Être étudiant, c’est normalement préparer son avenir, tout en assurant l’avenir de notre pays. En effet, celui-ci ne peut se concevoir sans une jeunesse mieux éduquée, mieux formée, mieux prête à prendre la relève dans tous les domaines de la société.

Mais comment préparer efficacement l’avenir quand le présent y prépare si mal ? La jeunesse connaît aujourd’hui une situation de précarité grandissante. Pour la première fois, une génération a comme horizon de vivre moins bien que la génération précédente.


On savait depuis longtemps les étudiants confrontés à des problèmes de logement, les loyers étant bien trop élevés pour des jeunes aux faibles ressources. Une grande partie des étudiants multiplient les petits boulots pour payer leurs études. Et des milliers d’étudiantes en sont même réduites à se prostituer. Un rapport de 2000 estimait que 100 000 étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté, alors que 225 000 avaient du mal à financer leurs études.

Un récent rapport parlementaire dénonce aujourd’hui une situation inquiétante de la santé des étudiants. Faute d’argent, 15 % des étudiants ont renoncé à des soins dentaires et d’optique, parfois même de médecine générale. Et, histoire de rester en bonne santé, les pratiques alimentaires « peu équilibrées » se multiplient. Un étudiant sur trois déclare ne pas manger équilibré, 40 % sautent le petit-déjeuner, et un sur deux prend un déjeuner rapide. 71 % des étudiants consomment de l’alcool, dont 10 % jugent eux-mêmes que leur consommation est excessive. On assiste par ailleurs à une recrudescence des MST chez les étudiants et à un nombre important d’IVG, parfois répétées.

Un étudiant sur dix traverse des phases de déprime, un sur quatre prend des antidépresseurs, et le suicide est la principale cause de mortalité chez les 15-25 ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre avenir n’est pas en bonne santé. Il est urgent que la situation soit prise en compte par les pouvoirs publics et que des mesures soient prises, en particulier en rétablissant des services médicaux au sein des universités avec des infirmières en nombre suffisant.

Il faut que ça change ! Heureusement, 2007 arrive.

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