Discours

Cette crise, dont nous avons débattu à plusieurs reprises lors de débats publics, notamment à Montreuil aux côtés du Parti Communiste Français, du Comité des Citoyens Montreuillois et du Parti de Gauche, est bien une crise systémique, qui deviendra systématique si les solutions qu’on lui apporte relèvent de la rustine et non d’une réforme progressiste profonde.

Or, c’est bien avec des rustines certes de luxe, et financées par de l’argent public, que Nicolas Sarkozy et son gouvernement entendent la régler. Leurs propositions  (faut-il s’en étonner ?) s’avèrent aussi injustes socialement qu’inefficaces au plan économique.

Pourtant, s’il est une caractéristique que l’on ne peut contester à la droite ultra-libérale, c’est une souplesse — innée ou acquise, je ne sais pas  mais en tout cas entretenue — qui lui permet d’exercer un grand écart permanent entre ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. C’est ainsi, qu’à grands renforts d’effets de manche comme d’habitude, le président Sarkozy (oubliant les rengaines ultra libérales du candidat Nicolas), s’est fait dernièrement et très opportunément le chantre du retour de l’État. « Paroles, paroles, encore des mots toujours des mots… » Car évidemment les faits sont tout autres. Et dans le même temps la droite, entre autre,  démantèle nos services publics, qui, rappelons-le au passage, sont un amortisseur des effets de la crise que nous traversons : qu’en serait-il par exemple des revenus de nos retraités s’ils avaient souscrit des retraites par capitalisation ?

Chers amis, chers camarades,

Les conséquences de la crise ne sont pas derrière nous, mais bien devant nous.

Nous devons donc très rapidement créer les conditions d’émergence d’un nouveau modèle de développement qui consacrera le retour d’un État régulateur, stratège, acteur de l’économie, garantissant l’intérêt général.

Des actions urgentes, aux antipodes du pseudo plan de relance de la droite, s’imposent.

Notre parti a travaillé sur des propositions concrètes, sur un plan de relance qui réponde à l’urgence économique et sociale. Il propose notamment l’entrée de l’État dans le capital des banques qu’il recapitalise (c’est quand même la moindre des choses) , et la mise en œuvre de pénalités financières dissuasives pour les entreprises tentées par les licenciements boursiers.

Je ne vais pas me lancer dans un énoncé exhaustif des différents points abordés par ce plan de relance. Quelques-uns cependant :

Nous demandons :

• une aide dès février 2009 de 500 € aux 9 millions de salariés bénéficiaires de la Prime pour l’emploi et à tous les bénéficiaires des minima sociaux.  

• la revalorisation immédiate  du SMIC de 3 % et des allocations logement de 10% 

• La généralisation obligatoire du chèque transport 

• la soumission des exonérations de cotisations sociales à la conclusion effective d’accords salariaux annuels 

• la baisse de 1% du taux normal de TVA 

• la mise en chantier de 300 000 logements sociaux sur les deux prochaines années.  

• le gel immédiat de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique   

• L’augmentation de la durée et de l’indemnisation du chômage partiel 

• le remboursement des aides publiques perçues au cours des 5 dernières années pour les entreprises qui licencient tout en distribuant des dividendes à leurs actionnaires.  

• la représentation avec droit de vote de l’État dans les conseils d’administration des banques recapitalisées avec de l’argent public.  

• la constitution d’un grand pôle financier public français et européen.

Ceci  n’est qu’un aperçu du plan de relance que proposent les socialistes, au moment où Nicolas Sarkozy, au lieu d’apporter des solutions sociales à la crise, s’entête à maintenir par exemple, le bouclier fiscal qui profite aux Français les plus fortunés alors que, par exemple la remise en cause de la loi TEPA (paquet fiscal) permettrait de financer une relance du pouvoir d’achat à hauteur de 10 milliards d’euros en 2009. Au moment aussi où le chef de l’État s’acharne à affaiblir tous les contrepouvoirs démocratiques : Restriction de droit de grève par l’instauration d’un service minimum à l’école et dans les transports, réforme de l’audiovisuel public, passage en force au Parlement sur le droit d’amendement…  L’année 2009 est aussi placée sous le signe de l’Europe. En 1957, Pierre Mendès-France écrivait : « Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du xxe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. »  Citation rarement reprise par les medias, il faut le constater. Étrange ou non ? Je vous en  laisse juges.

Chers amis, chers camarades,

Après la crise, l’Europe ne sera plus la même qu’avant la crise. Elle va devoir anticiper et préparer les moyens d’une nouvelle redistribution des richesses, d’une nouvelle répartition capital-travail, d’un nouveau mode de développement et d’échanges moins inégalitaire et plus respectueux de l’environnement.

Nous devons tout mettre en œuvre pour instaurer en Europe une harmonie sociale et fiscale, qui permette d’en finir avec le dumping intra-communautaire. Nous devons réguler un libre-échange délétère tant pour les travailleurs européens que pour ceux des pays émergents. Nous avons pour cela un outil, prévu par les pères de l’Europe dans le Traité de Rome : le Tarif Extérieur Commun, qu’il faut réactiver pour pallier les concurrences déloyales engendrant systématiquement du dumping social.

Pour ce faire, nous devons à l’issue des prochaines élections européennes parvenir à constituer une majorité de gauche au Parlement européen. C’est l’un des souhaits que je formule pour cette année 2009.

Et puis, en ce début d’année, mes pensées vont aussi aux victimes du conflit israëlo-palestinien, au sort insupportable fait depuis des décennies au peuple palestinien. Concernant ce conflit, le Parti socialiste a fermement condamné l’intervention terrestre israëlienne en réponse aux tirs de roquette du Hamas sur le Sud d’Israël qu’il a également condamnés. Il a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour trouver une solution de paix durable. Concrètement, nombre de collectivités dirigées par les socialistes ont mis en place des plans d’urgence permettant d’acheminer des fonds, des médicaments, du matériel hospitalier vers la Palestine. Dans quelques jours, par exemple, début février, le Conseil de Paris délibèrera pour débloquer une aide d’urgence de 200 000 € à destination des habitants de la bande de Gaza.

En cette année 2009, où nous fêterons les 150 ans de la naissance de Jaurès, s’il ne fallait faire qu’un vœu, ce serait celui-ci : la paix, là-bas et maintenant.

Un petit mot aussi , pour mes camarades socialistes de Montreuil qui m’ont confié la direction de notre section. Certaines personnes nous demandent comment on peut encore être socialistes, convoquant notamment les images vues à la télé de notre dernier congrès. La réponse qui s’impose est assez simple : « Arrêtez de regarder la télé !…  Et engagez-vous, ou même pour certains, rengagez-vous ! »

Attention ! Je tiens à préciser que ce que je vais dire maintenant, n’est, ni de près ni de loin, une allusion déplacée à un débat un brin musclé que nous avons eu entre nous il y a quelque temps.

Ce que je voulais vous dire, répondant ainsi aux apostrophes qui nous sont souvent adressées concernant notre engagement, c’est qu’il faut parfois savoir dire oui. « Et pour dire OUI », écrivait le philosophe Alain, « il faut suer et retrousser les manches, empoigner la vie à pleines mains et s’en mettre jusqu’aux coudes. » S’engager, militer comme nous le faisons, c’est dire NON à un choix de société dont nous ne voulons pas, mais c’est aussi dire OUI aux autres, à nous-même, au collectif, à l’intérêt général, à l’espoir, à un idéal, à une autre vie. Et même si nous ne voyons pas forcément de notre vivant, l’aboutissement de ces combats, les avoir portés aura fait de nous des femmes et des hommes dignes et libres, des chaînons de ce qui un jour, n’en doutons pas, fera un monde meilleur. J’arrête pour ne pas sombrer dans le lyrisme. Alors, je ne sais pas pour vous, mes chers camarades, mais en tout cas pour moi, militer avec vous, débattre parfois un peu âprement, aura été, est et sera, un bonheur qui m’aura aidée à me construire.

Je voulais saluer votre courage, votre détermination, vos coups de gueule, votre résistance dans un exercice militant parfois rude (notamment en période électorale !)

Alors à ceux qui disent beaucoup mais font peu, répondons : « être socialistes, c’est croire en la justice, en la solidarité, en l’égalité, en l’être humain. C’est travailler beaucoup, se tromper parfois, faire des bilans souvent. C’est aussi être résistant au froid (on milite principalement l’hiver, c’est valable pour tous les militants), cultiver l’auto-dérision (et là, il en faut souvent beaucoup plus aux militants socialistes qu’aux autres ! ) et puis surtout ne jamais perdre de vue ceux et celles pour qui on s’est engagés. À Montreuil, et dans toute la Seine-Saint-Denis, ils sont nombreux, ceux qui n’ont rien. Parmi eux, nos camarades sans-papiers. Ceux de l’entreprise Griallet, dont le combat de 7 mois s’est terminé sur une victoire. Et ceux de l’entreprise Plus Net, rue Girard. 29 salariés sans-papier dont l’employeur a refusé de signer les formulaires qui auraient permis de les régulariser. Ces salariés occupent depuis plus de 3 mois leur entreprise. Contrairement au patron de Griallet qui appuyait ses actes crapuleux de propos abjects, celui de Plus Net se tait. Et pour cause : il a disparu. Je salue le courage des camarades de Plus Net, la solidarité des Montreuillois, des associations, des syndicats et des organisations politiques qui les soutiennent. Que nos camarades de Plus Net soient convaincus que leur combat finira par triompher, qu’ils sont dans un pays, qui bien que mis à mal par des années de politiques migratoires méprisables, finira par faire triompher la justice. 

Je finirai en vous donnant rendez-vous jeudi à 13 h devant la mairie de Montreuil ou à 14h place de la Bastille pour la grande manifestation nationale et inter-professionnelle.

Merci encore de votre présence à cette petite fête.

Un dernier mot, toujours du philosophe Allain : « On ne donne aux gens que l’espoir que l’on a. » Alors chers amis, chers camarades, cultivons nos espoirs, et ensemble portons-les très haut ! Très bonne année… Je vous remercie.

 

© 2010 - Section du Parti socialiste de Montreuil - 87, rue Parmentier - BP 201 - 93511 MONTREUIL CEDEX - Mise à jour :
Mentions Légales | Plan du site | Contact